Algérie : Fermeture du marché noir de la devise ? Un banquier explique

Algérie – « Les cambistes du Square Port Saïd vont connaître le chômage ! ». C’est ce qu’a affirmé l’économiste et expert financier, Omar Berkouk, habitué depuis plus de 25 ans aux circuits d’affaires des banques françaises et londoniennes; dans un entretien accordé au quotidien national Liberté dans son édition du 3 mars.

« Le double marché des changes », l’un officiel géré administrativement par la Banque centrale d’Algérie et l’autre officieux plus ou moins régi par l’offre et la demande; « est la solution que les autorités algériennes ont mise en place pour assouplir sans abandonner le contrôle du marché des changes », éclaircit le banquier d’affaires en précisant que « l’un de ces deux marchés devra disparaître ».

Néanmoins, le marché noir du change qui s’est accoutumé à se voir toléré grâce à l’aspect utile de ses activités; risque trop dans ce contexte de délabrement des réserves de changes, d’assister à présent au déchaînement de la BA sur lui. Celle-ci se prête sérieusement à « siffler la fin de la partie » et ainsi mettre un trait sur une coexistence contre nature et vieille de plusieurs décennies.

Lorsque le niveau des réserves de devises fléchit sans cesse, aucun miracle n’est susceptible de se produire en matière de solutions à apporter. La gestion passe simplement par la voie de l’intervention sur « les prix (baisse du dinar) ou les quantités (rationnement) »; ajoute l’expert financier.

En outre, il prédit une imminente fermeture du marché noir des devises, à sa tête le Square Port Saïd, par la loi. Il argument dans ce sens, que la Banque d’Algérie, qui se disait ne pas être concernée par la lutte contre le marché noir et que c’était plutôt du ressort des forces de l’ordre et de la Justice, trouvera actuellement « toute la force de police nécessaire afin de mettre à mal ce “fléau” »; confie Omar Berkouk à Liberté.

Quel mode opératoire pour fermer le marché noir des devises en Algérie ?

Renforcer « les contrôles » et assécher le « volume de devises », est un moyen auquel la BCA pourrait avoir recours pour procéder à la suppression du marché parallèle, à côté d’un autre que l’expert cite notamment, et auquel elle est capable d’opter à la place en laissant tomber le « contrôle des changes avec instauration de la convertibilité du dinar qui s’accompagnerait d’une convergence des taux de change du marché officiel vers le marché noir », c’est-à-dire effacement de l’écart entre les deux tarifications.

Les Algériens aimeraient bien accéder « aux cours de change administrés par la Banque centrale », selon Berkouk, mais ils convoitent un accès libre et illimité, et pour que cela soit possible, il faut qu’il y ait abolition du « contrôle des changes » et une suppression du « monopole de la Banque d’Algérie sur la gestion des devises »; estime le banquier. 

Par conséquent, et d’après les propos du l’expert en acquisitions financières, il est vain d’aborder la problématique « des bureaux de change et de leurs faibles commissions », en prétendant y remédier sans devoir renoncer au maintien desdits paramètres, à savoir le contrôle des changes par la Banque centrale d’Algérie et le monopole qu’elle exerce sur la gestion des devises. 

Pour rappel, le 25 du mois dernier, mars 2020, a été témoin de la publication sur le Journal Officiel du règlement n°20-04 qui donnait son aval aux agents agréés, institutions bancaires et financières; de négocier librement entre eux les cours de change et les taux d’intérêt, mis à part dans les cas où la Banque d’Algérie représente la contrepartie. La réglementation en question a fait couler beaucoup d’encre, et continue de le faire, quant à sa pertinence comme offensive à l’encontre de la sphère informelle.

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