Algérie : Les bureaux de change, alternative au marché noir de devises ?

Algérie – Les bureaux de change sont capables de constituer le substitut par excellence au marché noir des devises, mais sous réserves d’un certain nombre de conditions auxquelles la Banque d’Algérie doit avoir la sagesse de se plier; estime un expert financier.

En effet c’est ce qu’on arrive à tirer des propos tenus par l’économiste et expert financier, Omar Berkouk, dans un entretien accordé au quotidien national Liberté, indiquant par ailleurs qu’il faudrait opérer des mutations sur deux éléments essentiels pour rendre les bureaux de change attractifs pour les clients, et par la même occasion rentables pour leurs détenteurs; et ainsi optimiser leur chance de jouer le rôle du remplaçant idéal à la sphère informelle, et à sa tête le fameux Square Port Saïd, principale plaque tournante de l’échange des devises dans la capitale.  

En fait, il est question, d’après le spécialiste fort d’une expérience de 26 ans acquise en France et à Londres, dans le milieu des banques d’affaires, de renoncement de la part de la Banque d’Algérie, qui doit lâcher prise sur deux éléments sur lesquels elle détient un privilège exclusif, c’est-à-dire son « contrôle des changes » et son « monopole sur la gestion des devises »; ajoute l’expert en acquisitions financières.

Ceux-ci doivent faire l’objet d’une abolition, afin de permettre aux banques et institutions financières, intermédiaires agréés, de présenter une offre qui donnera un accès libre et sans bornes aux devises; éliminant par là la frustration du citoyen quant à la limitation par l’administration bancaire centrale de ses acquisitions en devises..

Certes, les cours de la Banque d’Algérie sont alléchants, mais les barrières dressées par elle dissuadent grandement les algériens; qui préfèrent par conséquent le recours au marché noir pour s’approvisionner à leur guise

Est-il judicieux aujourd’hui de rendre le dinar monnaie convertible ? L’expert répond.

« Le dinar n’est pas une monnaie librement convertible sur les marchés », rappelle Berkouk en précisant « qu’il existe en Algérie un contrôle des changes “strict” ». Pour déterminer la valeur du dinar, la Banque d’Algérie se réfère à divers « paramètres macroéconomiques (soldes extérieurs, la croissance économique, l’inflation, déficit budgétaire…) ». Donc « elle fait à la “main” ce que les marchés font pour les devises librement convertibles en confrontant offre et demande »; ajoute-t-il. 

Le contexte économique extrêmement délicat et la gouvernance du pays » qui s’est toujours contentée d’une gestion « au jour le jour » avec un discours officiel qui ne tient compte de « réformes structurelles qu’en période de crise »; une fois qu’il n’y a plus d’options possibles, font douter l’économiste par rapport au caractère « opportun aujourd’hui de rendre convertible le dinar ». D’ailleurs « à partir de quel taux ? », se demande l’expert financier.

L’interlocuteur de Liberté s’est montré à l’issue de l’entrevue plutôt pessimiste quant au futur de « l’accès aux devises pour les Algériens ». Il le décrit comme davantage difficile et et encore plus cher. « Les comptes bancaires légaux en devises sont » en péril. Leurs titulaires risquent de perdre « l’accès à discrétion »; à la lumière d’un processus de délabrement des réserves de change, qui est susceptible de connaître une accélération de son rythme. 

Partager sur :

Articles récents

Articles connexes