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Algérie : Le marché noir des devises paralysé, des cambistes témoignent

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Algérie – Les derniers témoignages des cambistes de Square Port-Saïd à Alger, principale surface informelle des devises dans le pays, convergent avec des déclarations précédentes du même type; faisant état d’un marché qui s’enfonce malgré son débattement.

L’euro s’échange aujourd’hui lundi 13 avril à 185 dinars sur le marché noir des devises en Algérie, tandis que le dollar étasunien oscille autour des 170 dinars algériens. Pour sa part, la livre sterling s’échange en cette journée à 210 dinars. Le quotidien national El Moudjahid qui s’est rendu en début du mois au Square Port-Saïd à Alger, a ainsi noté auprès des cambistes sur place, beaucoup moins nombreux que d’habitude; la sensible turbulence observée sur les différentes valeurs du taux de change dans le marché noir algérien.

C’est dans ce sillage que l’un des quelques cambistes algériens rencontrés sur les lieux par notre source, Mustapha en l’occurrence, a souligné que « depuis 5 jours le marché noir de la devise commence à se réanimer légèrement, où il y a quand même quelques personnes qui viennent acheter; par rapport à la première semaine du confinement».

La situation demeure néanmoins « morose ». Un deuxième cambiste vu par El Moudjahid, Billel de son prénom, a dans ce sens assuré avec amertume que « l’effet du coronavirus a impacté » leur « activité»; tandis que « l’entrée massive d’immigrés qui ont fui la situation sanitaire désastreuse dans les pays du nord de la Méditerranée avant le confinement ont achevé le cours de l’euro en inondant le marché par les devises qu’ils ont fait entrer. »; a-t-il regretté.

Pour sa part, Amine, un cambiste lui aussi, a fait savoir au média écrit que « les gens ne voyagent  plus », par conséquent « ils n’achètent plus ». Cependant, il s’est laissé montrer optimiste en supposant que « dès que les vols reprendront » en Algérie; tout redeviendra comme avant, car d’après son point de vue « la situation va se normaliser ».

Les cambistes au chômage

Effectivement, les cambistes s’affolaient déjà lors-ce que le pays s’est retranché derrière ses frontières closes, suspendant par là, pour tenter de repousser la pandémie; tout type de voyage de et vers le territoire national, et avant même la mesure du confinement, qui a mis des restrictions sévères aux déplacements de la population. 

Pour émettre des signaux de détresse; les agents de change clandestins n’ont non plus pas attendu le retour de nos ressortissants menés des sommes en devises, qui ont davantage alimenté une offre d’emblée surélevée; ajoutant ainsi de l’huile sur le feu. 

Donc, les témoignages évoqués plus haut et recueillis plus récemment, viennent conforter ceux antérieurs des vendeurs qui s’alarmaient, à l’image d’Ahmed, interrogé par Le soir d’Algérie; ou encore Adel interviewé par Al Araby, et qui ont tous les deux aboutit à l’affirmation que le Coronavirus a achevé la demande sur les monnaies fortes sur le marché informel du change; à une phase qualifiée de pic annuel, attractif et lucratif de leurs activités. 

Internet et réseaux sociaux comme bouée de sauvetage ?

Pour rappel, et dans une énième tentative de renaissance; ou de simplement tenir le coup face à une décroissance exponentielle de ses transactions financières devenues, en raison des divers facteurs susmentionnés l’affectant gravement, extraordinairement minces; le marché noir des devises s’est partiellement transféré sur les réseaux sociaux.

La structure informelle a en effet, et grâce au web, de plus au moins réussi à faire légèrement gagner de la valeur aux cours de change en son sein, en attirant vers elle une catégorie des demandeurs, des commerçants et des importateurs plus précisément, voyant là une belle aubaine d’acquérir les monnaies fortes à bas prix, et de les revendre par la suite; à savoir après la dissipation de la menace virale, à des tarifs beaucoup plus élevés.

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