Algérie : la vente de l’agriculteur au consommateur fait polémique

Algérie – Le format de vente directe de l’agriculteur au consommateur, s’inscrivant dans la stratégie de lutte contre la spéculation et la flambée des prix des produits agricoles, suscitent des réactions de toutes parts et partagent les point de vue. 

Pour la préservation du pouvoir d’achat et la protection de la santé de ses citoyens, le gouvernement tente de réguler les commerces alimentaires et la volatilité des prix. Dernier effort en date : la toute récente décision du ministère du Commerce. Il a donné son aval à tout agriculteur en Algérie de procéder à la vente de ses produits directement au consommateur au niveau des marchés de gros et de détail à travers le territoire national. 

L’ensemble des exploitants agricoles algériens est en effet désormais habilité à mercantiliser ses récoltes. Et sans autorisation préalable ni recours à un intermédiaire ! Une décision qui est loin de faire l’unanimité auprès des commerçants. Ils sont nombreux à contester et manifester leur opposition à cette nouvelle loi. Ils la décrivent comme étant le prochain déclencheur d’un chaos sur les marchés alimentaires du pays. 

C’est du moins ce que relate le quotidien généraliste arabophone Echorouk. Cette information que nous reprenons ici, ce 11 septembre 2021, est parue dans son édition de jeudi. Selon les primeurs que cite la même source médiatique, un grand nombre de leurs collègues, pour ne pas dire tous, dédaigneront donc inévitablement l’arrivée des agriculteurs sur quelconque espace des éventaires. 

Les agriculteurs autorisés à vendre dans les marchés : difficultés et opportunités 

Plusieurs commerçants réclament avec insistance la création d’une société publique dédiée à l’achat et la vente des fruits et légumes. Ils considèrent que l’inclusion des agriculteurs dans les chaînes de vente au détail est « irrationnelle ». Telle chose pour la simple pure raison, soulignent certains, qu’aucun maraîcher ne parviendra à vendre la totalité de ses produits aux citoyens.

Une décision qui fera perdre des parts de marché aussi bien aux commerçants qu’aux agriculteurs. De leur côté, les citoyens se réjouissent à l’idée de récupérer du pouvoir d’achat. Ils appellent ainsi les pouvoirs publics à mettre en place des lois strictes. Cela en vue d’éviter tout éventuel dérapage des prix des produits alimentaires, tels que les légumes et les fruits.

Ils plaident notamment pour l’uniformité du taux du profit aux quatre coins du pays. Une mesure qui permettra, relève-t-on sur les réseaux sociaux, aux plus défavorisés d’acheter au prix bas ce dont ils ont besoin pour vivre. Un avis que ne semble pas partager le SG et porte-parole de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA). 

D’après Hazab Ben Chahra, la vente directe entre l’agriculteur et le consommateur ne constitue pas la solution pour modérer les prix alimentaires. De son avis, la détermination des tarifs dépend uniquement de l’offre et de la demande. Il a, de ce fait, invité le ministère du Commerce à revoir cette décision. 

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