Économie

Baisse du prix du pétrole : L’Algérie face à l’impasse budgétaire

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Dans un entretien accordé au quotidien national El Watan, le docteur en économie à l’Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, Mohamed Achir, a réagi à l’actualité économique Algérienne marquée par une chute libre et surprenante des cours du brut qui menace sérieusement les équilibres macroéconomiques de le pays.

Selon le spécialiste, les économies fragiles et immensément extraverties, semblables à la nôtre, sont plus sujettes aux perturbations graves, induites par le violent choc pétrolier. L’impact de celui-ci sur l’Algérie est accentué par l’extrême faiblesse de l’offre que nous avons en matière de production domestique, et de la forte limitation de nos rapports économiques extérieurs au seul domaine des hydrocarbures.

Dans le même ordre d’idées, l’économiste explique que l’économie algérienne, qui n’a pas su se diversifier même au moment où les fonds nécessaires pour cela étaient bien disponibles, se retrouve aujourd’hui, suite à la fonte des réserves de change, démunie de la moindre résilience financière. Rappelant que cette dernière, toujours selon Achir, est indispensable pour amortir les divers chocs qui surviennent dans un contexte de guerre économique, aux multiples facettes non conventionnelles.

En outre, Achir en soulignant la précarité des bases sur lesquelles reposent déjà ceux-ci. D’après lui, la paralysie de plusieurs missions régaliennes, la rupture de différents services publics, et la complication de la problématique liée au déficit de la caisse de retraite, sont autant d’éléments macabres susceptibles d’être engendrés par l’impasse budgétaire, à court et à moyen terme. 

Des marges de manœuvre limitées

L’universitaire explique qu’après l’épuisement des mesures monétaires et financières conventionnelles et non conventionnelles, depuis la chute des prix du pétrole à partir du deuxième semestre de 2014, l’Algérie se retrouve, aujourd’hui avec cette nouvelle baisse, en cours de solutions. Suivant le même avis, les marges de manœuvres sont terriblement restreintes, surtout avec un taux de croissance faible et une inflation à des niveaux élevés, qui rendent improbable l’endiguement du choc.

Devant la baisse des prévisionnelles de la fiscalité pétrolière pour cette année, une loi de finances complémentaire seule semble être une réponse insuffisante, assure Mohamed Achir. D’un autre côté, les recettes de la fiscalité ordinaire auront beaucoup de mal à résoudre le problème posé par la contrainte budgétaire, à cause d’un poids de l’informel qui avoisine les 50% du PIB et d’une faible bancarisation de l’économie.

Pour réajuster les comptes publics et stabiliser les déficits budgétaires, en dehors du recours au financement extérieur, une thérapie de choc budgétaire n’est pas à écarter, précise le docteur. Il explique enfin que toute mesure d’austérité affectera directement la croissance, maintenue jusqu’ici uniquement grâce aux dépenses injectées par l’Etat.

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