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Planche à billets et endettement extérieur : Tebboune tranche la question 

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Algérie – Le président de la République a affirmé qu’il était hors de question de recourir à la planche à billets et à l’endettement extérieur pour financer le déficit budgétaire de l’État.

En effet, lors de son entrevue périodique avec les représentants des médias nationaux diffusée sur la télévision nationale ENTV, dans la soirée du 1er mai, le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune; s’est prononcé sur la politique monétaire non conventionnelle de l’économie Algérienne. Malgré l’important déficit budgétaire et la crise économique qui se profile; Tebboune a clairement exprimé son refus face au recours à la planche à billet et à l’endettement extérieur. 

Concernant le recours à la planche à billets, le chef de l’État a expliqué que cette méthode de financement risque de générer une forte inflation et déteindre négativement sur la catégorie moyenne des citoyens; engendrant l’effondrement du pouvoir d’achat des consommateurs Algériens. Face à ces conséquences, l’Algérie a écarté cette solution comme plan de sauvetage destiné à financer le déficit budgétaire de l’État; a souligné le président.

Il estime, pour sa part, que la solution réside dans l’intégration de l’économie informelle, qui représente selon lui « entre 6.000 et 10.000 milliards de dinars ». Au lieu d’imprimer des billets, Tebboune a opté pour l’idée d’emprunter de l’argent aux Algériens, relançant à l’occasion l’appel aux tenants de l’économie informelle pour injecter leur argent dans le circuit bancaire et intégrer la sphère économique formelle.

« Ils sont prêts à intégrer l’économie, donnons-leur des garanties », a-t-il avancé avant d’ajouter « nous ne connaissons pas bien notre économie car ce qui est bancable représente 50% de l’économie », a-t-il signalé en faisant référence au poids de l’économie parallèle dans le pays.

Tebboune dit « non » à l’endettement extérieur

« L’endettement extérieur va nous faire perdre notre souveraineté »; a averti Tebboune, confiant que cette alternative toucherait à la souveraineté du peuple, citant au passage la fameuse expérience douloureuse du début des années 1990; suite au recours à l’aide financière du FMI.

« Il n’y aura pas de recours à l’endettement extérieur. Nous n’irons ni au Fonds monétaire international (FMI) ni à la Banque mondiale (BM) car l’endettement porte atteinte la souveraineté nationale. »; a tranché le président révélant que « des pays frères » ont récemment proposé à l’Algérie leur aide sur le plan économique. « Nous les avons remercié. En cas de besoin, nous le leur ferons savoir »; a-t-il fait savoir.

Par ailleurs, Tebboune a précisé que l’une des conséquences nuisibles du recours à l’endettement extérieur; est qu’il ne sera plus possible à l’Algérie de prendre position sur des questions internationales, telles que les causes Palestinienne et Sahraouie. « Lorsqu’on emprunte auprès de banques étrangères, on ne peut parler ni de la Palestine ni du Sahara Occidental. »; a confié le président.

Le recours à la planche à billets du point de vue des experts

De son côté, l’expert en économie et en finances, Smaïl Lalmas, a confirmé que face à cette crise sanitaire, il était impératif d’élaborer un plan destiné à sauver et à relancer l’économie nationale.

L’économiste a récemment déclaré au quotidien El Watan; que les réserves de change ne sont plus en mesure de couvrir les importations et que recourir à une alternative de sauvetage s’appuyant sur la planche à billets « serait un désastre pour l’économie » du pays; a estimé l’expert en rappelant le dérapage antérieur de cette mesure.

Contrairement à El Houari Tigharsi, membre de la Commission des finances et du budget à l’Assemblée Nationale (APN), il a révélé le 28 avril dernier au média Echorouk; que faire appel au financement non conventionnel est « inévitable »; car la crise financière que traverse l’Algérie est une situation mondiale exceptionnelle imposant le recours à toutes les éventualités susceptibles de générer des liquidités. 

Pour sa part, l’ancien gouverneur de la Banque d’Algérie, Badreddine Nouioua a également soutenu que le recours à la planche à billets, ainsi qu’à l’endettement extérieur; serait « inévitablement » imposé par les répercussions économiques dévastatrices de la pandémie du Coronavirus; et de la récente dégringolade des cours de pétrole.

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