Énergie

Baisse historique du prix du pétrole : Quel impact sur l’économie de l’Algérie ?

2
baisse pérole algérie
S'abonner :

Algérie – Dans un contexte de baisse incessante et successive du prix du pétrole (Brent/WTI), qui ne cesse de s’enfoncer dans les abysses d’un marché frappé de plein fouet par la crise sanitaire, le baril américain passe carrément sous les « zéro dollar ». L’Algérie n’est pas de reste par rapport à tout cela.

Ce lundi 20 avril, « le prix des contrats à terme pour mai du pétrole américain (WTI) s’est établi à -37,63 dollars le baril au moment de la fermeture (de la bourse new-yorkaise) NYMEX »; rapporte le site d’information russe Sputnik indiquant également qu’à « la Bourse de Londres ICE »; le prix du même produit a atteint « -6,89 dollars le baril » après s’être « effondré de 137,71% ».

Face à une demande minime et une offre surélevée, « les gens se précipitent pour se décharger » de leurs achats pétroliers, commente Craig Erlam d’Oanda, tandis que l’analyste pour London Capital Group, Jasper Lawler, va plus loin en signalant que « les Etats-Unis, en tant que marché enclavé, ont les plus importants problèmes de stockage ». L’intervenant précise que « la demande est tellement inférieure à l’offre » et de ce fait « les réserves pourraient déjà avoir atteint 70% à 80% de leurs capacités ».

Ainsi « le prix des contrats à terme pour mai du pétrole WTI est passé pour la première fois dans l’Histoire en dessous de zéro ». Cependant, l’expert du marché pétrolier pour Clipper Data, Matt Smith, souligne qu’il « est un peu trompeur de se focaliser sur le contrat de mai »; et d’expliquer qu’il « y a beaucoup plus d’échanges sur le baril pour livraison en juin ».

Quid du Brent/Sahara Blend (référence pour le pétrole Algérien) ?

« Le baril de Brent de la mer du Nord, référence européenne cotée à Londres, était aussi affecté », mais beaucoup moins que le brut américain, « puisqu’il ne cédait que 6%, à 26 dollars environ », rapporte le site d’actualité économique Algérie Eco en rappelant que la baisses sévères de la demande sur l’or noir se succèdent, en raison des « restrictions de déplacements dans de nombreux pays » pour prévenir la pandémie, « et la paralysie de nombreuses économies à cause de la crise » du Coronavirus, depuis plusieurs semaines. Par conséquent, « les investisseurs s’attendent à pire encore puisqu’une profonde récession s’annonce dans le monde ».

Le Brent, référence pour le pétrole Algérien, dénommé Sahara Blend; relativement épargné par rapport au WTI et à 19 dollars le baril en ce 21 avril; n’arrange toujours pas l’Algérie qui est dépendante de ces recettes en hydrocarbures, seules ressources en devises dont elle dispose, et voit donc sa fiscalité pétrolière s’amoindrir dangereusement. En outre, l’accord récent de l’Opep+ a vu la réduction de sa production de 10 millions de b/j, mettant ainsi fin à la guerre des prix russo-saoudienne, insuffisante pour freiner le processus baissier des cours. 

L’équilibre budgétaire de l’Algérie menacé 

D’après l’avis d’un nombre de spécialistes, des effets à potentiel dévastateur de cette mauvaise posture économique ne tarderont pas à se faire ressentir en Algérie, surtout avec le climat de doute qui plane sur l’évolution future de la déstabilisation qui frappe le marché mondial des énergies fossiles. Le dénouement est incertain; d’autant plus pour les contrées comme la nôtre; dont 60% des revenus de l’Etat sont tirés des hydrocarbures représentant 96% du total de ses exportations

C’est d’ailleurs dans ce sillage, que Dr. Nassima Ouhab Alathamneh, professeur de sciences politiques et géopolitique en économie à l’université parisienne de Nanterre, a proposé sa lecture de la surproduction et la sous-consommation de pétrole qui provoque la chute drastique des prix de l’or noir se poursuivant depuis mars dernier; en prédisant un baril à 10 dollars.

L’économiste a et affirmé par la suite, dans un entretien accordé au quotidien national El Moudjahid; que même un baril à 30 dollars ne pourrait pas garantir à notre pays la sauvegarde de son équilibre budgétaire préalablement fragile. Le besoin de trouver des issues de rechange devient alors pressant.

Article recommandé :  Baisse du prix du pétrole : 80% des gisements Algériens ne sont plus rentables

Algérie : Des préparatifs « risqués » pour un Ramadan sous Coronavirus

Article précédent

Confinement en Algérie : Plus de 150.000 artisans impactés, alerte l’ANCA

Article suivant

Lire aussi

S’abonner
Notifier de
guest
2 Commentaires
Anciens
Récents Les + votés
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires
Mellah hocine

Lorsque le baril de petrole faisait 140 à 160 $ , les équipes gouvernementales successives n’ont jamais su assurer la méthodes des fourmis . Les pratiques de la cigale ont ete prépondérantes avec des dépenses à tout vent et des investissements improductifs.
Pourquoi on se focalise sur le pétrole , alors que d’autres ressources minières , bien plus importantes, sont mises en veilleuse ou carrément « cachees » qui peuvent bien nous être d’un apport considérable. Il se dit que ces ressources sont détournées à d’autres fins.

chris

je suis d accord pour ce que vous ecrit. Monsieur Mellah Hocine.. mais malheureusement le cornavirus est en train de paralyser l’ensemble du pays un discours du president sur un journal Le président Abdelmadjid Tebboune a reconnu «la vulnérabilité» de l’économie algérienne «en raison de notre négligence pendant des décennies à la libérer de la rente pétrolière».- «Fainéantise» et «surconsommation» – et la corruption. personne ne croit pas davantage à la possibilité de récupérer les capitaux qui ont fui le pays. Ou sont les promesses de du President recuperer cet argent est le distribuer et creer des societes pour la… Lire la suite »