Exportation hydrocarbures : l’Algérie menacée par la consommation intérieure en hausse.. Quelle alternative ?

Énergie – L’exportation des hydrocarbures en Algérie serait menacée par la hausse de la consommation intérieure. Le ministre de l’Énergie et des mines, Abdelmadjid Attar, et l’expert en Énergie, Ahmed Mechraoui, proposent des alternatives. Dzair Daily vous en dit davantage dans cette édition du 29 juin 2022.

En effet, le taux de consommation des hydrocarbures en Algérie est en hausse, comparé au taux de réserves et de la production, ce qui menace l’exportation en la matière. En d’autres termes, le pays a consommé près de 66,9 milliards de tonnes de pétrole en 2019. Cela équivaut à 43 % de la production. Tandis qu’en 2007, la consommation ne dépassait pas les 21,8 %. 

En outre, la consommation intérieure est en hausse depuis quelques années. Effectivement, elle a même observé une augmentation de 83 % en 2019 par rapport à 2007. Ce qui menace d’ailleurs l’exportation des hydrocarbures en Algérie, puisqu’elle consomme plus que ce qu’elle devrait. Il s’agit de ce que rapporte le média El Watan DZ

Par ailleurs, si la hausse de consommation des hydrocarbures continue de s’accroître, l’Algérie arriverait à un point de non-retour. Et elle devrait donc arbitrer entre ses exportations et sa consommation interne d’énergie, selon ce que rapporte la même source. 

Algérie : la consommation des hydrocarbures est en hausse depuis 2007 

À cet égard, l’ex-ministre de l’Énergie, Abdelmadjid Attar, a dévoilé des chiffres suite à une étude sur les enjeux de la sécurité énergétique. Et ce, lors d’une conférence organisée à l’initiative de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC). 

Entre autres, Attar a expliqué que 69 % de la consommation gazière est dans le secteur résidentiel et les services communs. Il a également ajouté que 79 % de la consommation d’électricité ont lieu dans les mêmes secteurs et usages. Tandis que 70 % de la consommation en carburants se fait dans le transport routier.

Toutefois, si l’Algérie ne diminuait pas sa consommation intérieure en énergie ; elle n’arriverait probablement pas à exporter plus de 10 % de gaz naturel. Quoique, celle-ci exportait près de 80 % en 1980. Et 79 % en 2005. Jusqu’à ce qu’elle baisse à 58 % en 2019. Cependant, l’étude en question évoque une augmentation de 6 % relatives à la consommation annuelle en matière de produits pétroliers.

Hausse de la consommation en hydrocarbures : quelle alternative ?

Ahmed Mechraoui, expert en énergie et ancien directeur à Sonatrach, a déclaré à son tour : « Nous n’avons pas le choix, nous devons aller vers l’économie d’énergie et l’efficacité énergétique. Il y a lieu aussi de mettre en application le programme de développement des énergies renouvelables ». Il a souligné ainsi : « Les scénarios ne s’annoncent guère rassurants et l’Algérie pourrait même être obligée d’acheter du gaz en 2046 ».

De son côté, Abdelmadjid Attar a indiqué : « Au-delà de 2030, une période qui verra la baisse en demande pétrolière, et si aucune mesure n’est prise, notamment en matière de modèle de consommation énergétique, il est très peu probable que la production d’hydrocarbures conventionnels, particulièrement le gaz, puisse satisfaire en même temps les besoins de consommation interne et le même niveau absolu de rentrée financière ».

Enfin, concernant le gaz de schiste, Abdelmadjid Attar a rappelé que « toutes les analyses récentes placent l’Algérie à la troisième place du point de vue réserves, après la Chine et l’Argentine, avec près de 24.800 milliards de mètres cubes de gaz et environ 7 milliards de barils de pétrole techniquement récupérables ».

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