« Le gaz de schiste n’est pas rentable pour l’Algérie », selon Mourad Preure

Algérie – En plus de son coût élevé, la rentabilité du gaz de schiste ne peut être observée sur le très court terme, estime Mourad Preure qui appelle les responsables à se tourner en urgence vers les énergies renouvelables.

Dans un entretien accordé au quotidien Liberté le 9 février dernier, l’expert pétrolier international et président du cabinet Emergy International Strategic Consulting Mourad Preure a fait savoir qu’il n’était pas stratégique pour l’Algérie  de s’engager dans la production du gaz de schiste, étant donné que ce dernier « est non rentable sur le très court terme et que son coût d’investissement est extrêmement élevé ».

« Le gaz de schiste est très coûteux et demande une phase de développement et d’apprentissage qui ne peut situer cette option dans le très court terme pour nous », a expliqué Preure précisant en outre qu’en l’espace de 10 ans, « les parts de l’Algérie dans le marché gazier européen ont été divisées par 2 et sont passées à 8% ».

En effet, selon l’expert pétrolier, les capacités de liquéfaction américaines sont estimées à 105 millions de tonnes/an contre 24 millions de tonnes/an pour l’Algérie. De plus, le Qatar a également des capacités de gaz qui s’élèveront bientôt à 77 millions de tonnes/an, suivi par la Russie déjà liée aux réseaux européens, celle-ci tente d’atteindre les 110 milliards de mètre cube de son gazoduc North Stream, ce qui mettrait l’Algérie dans une position délicate si elle tentait de se baser uniquement sur la rentre gazière, dans un marché très concurrentiel.

« La priorité aux énergies renouvelables »

Mourad Preure estime que Sonatrach devrait privilégier les hydrocarbures conventionnels et s’intéressait de plus près au gisement super-géant de Hassi R’mel qui a encore un grand avenir. « Nous devons faire des hydrocarbures conventionnels et du développement des énergies renouvelables, notre priorité », a-t-il suggéré

L’expert pétrolier estime par ailleurs qu’un « mètre carré d’ensoleillement du Sud peut fournir 3500 heures, soit 86% du territoire national et 2650 heures au Nord, avec 2000 kilowatt·heure », insistant sur l’urgence de tirer bénéfice des énergies renouvelables dont l’ensoleillement, une ressource intarissable disponible tout au long de l’année dans le désert algérien.

Pour rappel, l’ambitieux projet de production d’énergie solaire Desertec qui vise à réaliser des stations de panneaux solaires dans le désert algérien, serait en cours de discussion avec la partie Allemande. Le projet permet de produire pas moins de « 15.000 mégawatts d’électricité à l’horizon 2030 », selon le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab.

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