Le fer de la Tour Eiffel de Paris provient d’Algérie ? Un historien répond

Algérie – La matière première qui a permis la construction de la Tour Eiffel, qui n’est autre que le fer, provient-elle d’Algérie ? Voici la réponse d’un historien de l’économie. 

Si aujourd’hui, la Dame de fer qui trône comme une reine devant la seine laissant les arrondissements de Paris vénérer sa beauté sereine par sa flèche élancée, constitue l’un des monuments les plus éblouissants de l’industrie métallurgique, l’origine du métal utilisé pour sa construction fait l’objet de débats passionnants. Alors le fer de la Tour Eiffel provient-il ou pas de l’Algérie ? 

Après des interventions entre Mohamed Allal et un journaliste français, un historien algérien monte dans l’arène. Dans une déclaration faite à Al Jazeera ce mardi 23 mars 2021 Pr. Mohammed Salah Boukechour, est revenu en large et en long sur le sujet en armant son argumentaire par quelques preuves historiques.  

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En préambule, il a tenu à noter que lorsque la France a décidé d’élever les 324 mètres de hauteur de sa tour en date de 1886, l’Algérie n’avait qu’une entreprise spécialisée dans le forage minier. Dans le détail, celle-ci a été créée en avril 1865 par l’ingénieur français Paulin Talabot, précise-t-il.  

Un an plus tard, en 1887, l’entreprise en question n’avait à son compte que trois (03) mines, informe l’historien qui s’appuie sur un manuel écrit par Pulaski. Entre 1886 et 1889, la capacité de production de fer en France était de 2.6 millions de tonnes par an, rappelle-t-il. 

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Pour combler son déficit, l’hexagone a donc importé 1.3 millions de tonnes de trois (03) pays européens, mais de l’Algérie également, chaque année, estime-t-il. Pour fiabiliser ses dires, Boukechour a fait savoir que 600.000 tonnes venaient de l’Allemagne. Environ 400.000 tonnes de l’importation étaient assurés par l’Espagne. 100.000 d’autres de la Belgique annuellement. 

Pour ce qui est du fer algérien, la France a importé 140.000 tonnes de fer de l’Algérie en 1885. La quantité de l’importation a diminué en 1886 à 80.000 tonnes, pour arriver après à 47.000 tonnes en 1887. En 1888, la France a pris 25.000 tonnes de l’Algérie

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Alors que les travaux de la construction de la Tour Eiffel ont pris fin en 1889, la France n’a importé que 35.000 tonnes de l’Algérie, retrace l’expert. Le professeur cite les informations d’un magazine spécialisé dans l’actualité des mines. Il s’agit de Sada El Manajim dans son édition du 05 février 1888 et le 02 février 1890.

Avant de tirer des conclusions, Boukechour a tenu à souligner ce qui distingue la fonte brute algérienne des autres. Selon lui, c’est le taux élevé du fer qu’elle contenait qui la rend si spéciale. Un peu plus loin, en analysant toutes les données susmentionnées, l’historien algérien est arrivé à un résultat primitif, qui reste selon lui, toujours à prouver.

Il estime alors que le fer utilisé pour former la Tour Eiffel ne provient pas des mines de Zeccar et de Rouïna. Pour consolider son fusil d’épaule, Boukechour a fait savoir que ces mines n’étaient exploitées qu’en 1904 et 1906 respectivement. 

Selon lui, la seule entreprise qui exerçait à l’époque n’avait pas l’autorisation de toucher à ces dernières. Ainsi, l’historien algérien indique que la probabilité que le fer utilisé pour construire la Dame de fer soit algérien, reste faible, dans l’absence des preuves historiques. 

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