Automobile

Industrie automobile en Algérie : Des véhicules utilitaires à 60% d’intégration ?

2
véhicules utilitaires algérie
S'abonner :

Algérie – Le nouveau cahier de charges fixant les conditions d’industrialisation de l’automobile en Algérie prévoit de prioriser les véhicules utilitaires. En attendant la promulgation de ce dernier au mois de juillet prochain, le ministre de l’Industrie indique que le taux d’intégration des véhicules utilitaires pourrait s’élever à 60% en Algérie.

Visant à remettre sur pied le marché des voitures, paralysé depuis près d’une année, en raison de l’échec de la politique du montage automobile, l’Algérie s’engage à relancer son industrie automobile. Le ministre de l’Industrie Ferhat Aït Ali Braham, a révélé ce 10 juin lors d’une rencontre avec la presse, que le cahier de charges qui sera promulgué d’ici le mois de juillet, déterminera les taux d’intégration imposés aux investisseurs nationaux et mixtes.

Vu le potentiel des véhicules utilitaires en matière d’intégration nationale, l’Algérie compte prioriser la production de ces derniers, a affirmé le membre du gouvernement. « Pour l’utilitaire, on peut intégrer en Algérie jusqu’à 60%. Nous allons donc donner la priorité à ce type de véhicules qui comprend même les tracteurs, les camions semi-remorques et les bulldozers », a-t-il relevé. Cependant, le ministre a assuré qu’il ne leur sera pas appliqué les mêmes clauses contraignantes du véhicule touristique.

Toutefois, il précise que les industries relevant du ministère de la Défense Nationale ne sont pas concernées par les clauses du cahier de charges susmentionnées. Les missions stratégiques de l’institution visent essentiellement l’autonomisation de l’Armée nationale populaire (ANP) en matière d’équipements. Pour lui, il n’y a aucune raison d’appliquer ces clauses à l’autorité qui « assure la sécurité du pays et qui s’alimente du budget public ».

Vers la création d’une véritable industrie intégrante ?

Lors de la même rencontre, le premier responsable du secteur, a expliqué que l’État a pour objectif de satisfaire les besoins du citoyen en matières de véhicule; mais aussi d’établir une vraie industrie automobile. Ainsi, ledit cahier de charges stipule les grandes lignes visant à créer une réelle industrie intégrante. De plus, il est conditionné à certaines exigences qui déterminent ceux qui envisagent sérieusement d’investir localement dans le domaine.

Le ministre a indiqué que le cahier des charges exigera initialement de l’investisseur un taux d’intégration de composantes locales d’au moins 30%, avec obligation de fabriquer localement la carrosserie.

La règle 51/49 reste en vigueur ? L’autre disposition du cahier de charges confirme l’obligation faite aux étrangers d’avoir un partenaire local. Le constructeur étranger ne peut toujours pas être concessionnaire à 100%. Le partenaire local demeure majoritaire à 51%. Ainsi, le nouveau cahier des charges déterminera les modalités d’investissements de chacun. Étrangers à 100%, Algériens en partenariat avec des étrangers 51/49 et investissement 100% Algériens.

Marques et représentants : Vers la recomposition du marché

Par ailleurs, cette nouvelle vision favorise l’installation des équipementiers automobiles en Algérie à travers des avantages fiscaux et financiers. Sans toutefois, accorder des concessions démesurées ou des sacrifices fiscaux, afin de pousser les industriels étrangers à venir investir.

S’agissant de la réappropriation de certaines marques par leurs représentants antérieurs, le ministre a fait savoir que le gouvernement ne s’implique pas dans le choix des partenariats entre Algériens et étrangers. De même, pour l’avenir des assembleurs, rien ne les empêche de se lancer dans la fabrication, à condition qu’ils s’accommodent au nouveau cahier de charges, a-t-il signalé.

Article recommandé :  Montage automobile en Algérie : La fin d'une « supercherie » ?

Algérie : Contaminés, morts et guéris.. Bilan du Coronavirus au 12 juin

Article précédent

Algérie : La baisse des prix des voitures d’occasion pour bientôt ?

Article suivant

Lire aussi

2 Commentaires

  1. Voilà que l’industrialisation de l’automobile , en Algérie, rejoint , les secteurs stratégiques qui maintiennent la règle 51/49 , tout comme les industries minières, les hydrocarbures, le transport aérien et maritime . De jour en jour , on découvre que la politique industrielle se résume en industrie automobile avec ce ministre que tant d’autres entreprises étatiques attendent dans l’espoir de les maintenir en activité , avec cette conçurence déloyale qui s’est installée durant ces vingts dernières années.
    L’intégration de 60 % ne peut que se résumer en l’intégration de toute la tôlerie , car les autres composants nécessitent des investissements très lourds.

  2. Raisonnable et on ne peut que s’en feliciter ! Bon courage Monsieur le ministre.

Comments are closed.