Voitures neuves en Algérie : La déclaration d’Aït Ali « sortie de son contexte » ?

Algérie – « Le véhicule touristique n’est pas une priorité pour que le gouvernement fasse des sacrifices fiscaux ». Le déclaration de Ferhat Aït Ali qui a secoué les réseaux a-t-elle été « sortie de son contexte » ? Le Ministère de l’Industrie s’explique et les médias rectifient.

S’étant exprimé ce 11 juin avec des représentants de la presse, dont le média algérien El Bilad, le ministre de l’Industrie, Ferhat Aït Ali Braham a développé en détail l’état d’avancement actuel [problèmes et perspectives] du secteur automobile en Algérie. Ainsi, face à l’impact de la crise sanitaire mondiale du Coronavirus et estimant que la relance économique devrait être priorisée; le membre du gouvernement a affirmé que « le véhicule touristique n’est pas une priorité ». 

Quelques mots ont suffi pour éveiller la polémique au sein de l’opinion publique. Ceci en faveur d’une vidéo [voir en bas de l’article], où le ministre de l’Industrie a déclaré que « la voiture touristique n’est pas une exigence de base, pour que le gouvernement fasse des sacrifices fiscaux ou en devises, juste parce que certains veulent des véhicules ». La vidéo a été entrecoupée et diffusée sur les réseaux sociaux, alors que certains médias l’ont jugée comme « provocante »; estimant que le citoyen a le droit de posséder une voiture.

Contexte et mise au point

Ces derniers n’ont ainsi repris qu’une partie des propos du ministre. Pour lui, l’État n’est pas dans l’obligation de satisfaire les demandes à la consommation. Il ajoute dans le même sillage, que « d’autres Algériens ont besoin de logements et de scolariser leurs enfants. Il y également un besoin nécessaire visant à créer un plan de sécurité sanitaire. On a aussi besoin de s’autonomiser au plan alimentaire », a argué Ferhat Aït Ali.

Face à cette controverse, le Ministère de l’Industrie et des Mines a diffusé un communiqué où l’ensemble des médias (télévisuels, audios et sociaux) ont été appelé à confirmer et à se renseigner sur l’exactitude de l’information avant sa transmission. Évitant de cette manière de transformer des déclarations officielles hors de leur contexte général, à travers de courtes vidéos tronquées.

Un maximum d’intégration locale, « c’est cela notre priorité », estime Aït Ali

Pour Ferhat Aït Ali, il n’y a pas un pays au monde qui a reçu un aussi grand nombre de demandes d’investissement dans le secteur de l’automobile. « Les marques qui demandaient à investir en Algérie, le faisaient parce que c’était de l’importation déguisée », a-t-il dénoncé. La politique de l’actuel gouvernement est de lancer une véritable industrialisation, a affirmé le ministre de l’Industrie. 

« Il y a beaucoup de créneaux dans lesquels nous estimons qu’il est stratégique d’avancer », a-t-il supposé. Par ailleurs, la nouvelle stratégie, est d’accorder la priorité à l’industrie mécanique et à l’utilitaire. Selon lui, le créneau de l’utilitaire est assez avancé. Il y a jusqu’à 60% d’intégration dans la production des véhicules utilitaires, a relevé l’orateur.

Le but est de faire de la vraie économie de marché. L’Algérie a les moyens de fournir le marché international et non pas seulement de s’alimenter, a-t-il avancé. Ce dernier a insisté sur un maximum d’intégration locale. « C’est cela notre priorité », a avancé l’intervenant, avant d’ajouter qu’il n’est pas question de faire des concessions démesurées et des sacrifices fiscaux indus afin d’attirer les investisseurs. 

S’agissant de l’attractivité du marché automobile algérien, il poursuit en indiquant qu’il est plus attractif que les marchés du voisinage qui ont bénéficié de projets plus importants. Selon le ministre, l’Algérie détient le plus important marché automobile en Afrique du Nord. De plus, les équipementiers automobiles sont encouragés à s’installer localement, car il estime que l’on ne fait pas d’intégration sans équipements.

https://www.facebook.com/102375559823414/videos/357501485214931

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