Importation de voitures en Algérie : Les réserves de change sous pression

Algérie – La Commission des finances et du Budget de l’APN craint pour les réserves nationales de change. La raison en est la reprise de l’importation des voitures neuves en Algérie. Sachant que les opérations exécutées dans le cadre de cette activité s’exécuteront en devise.

Le membre de la Commission ci-dessus mentionnée, El Houari Tigharsi, s’est prononcé sur la question. C’est dans un entretien à Liberté paru ce mercredi, qu’il a livré son avis « représentatif » du sentiment éprouvé par nombre de ses collègues. « Au moment où on parle beaucoup de réduction des importations, l’Exécutif remet sur la table cette proposition, faisant preuve d’incohérence dans sa politique de commerce international et dans la gestion des risques qui pèsent sur les réserves de change et sur les comptes extérieurs »; souligne-t-il.

Les voitures importées de l’étranger sont de toute évidence facturées en devise. Les concessionnaires automobiles vont devoir accomplir la procédure de payement en se procurant des ressources en monnaies fortes. Cet approvisionnement se fera par voie bancaire, rappelle le quotidien algérien. Le député interviewé par celui-ci poursuit dans le même contexte : Notre « pays se trouve aujourd’hui, plus qu’il ne l’a jamais été, au bord d’une grave récession, et plus on tire sur le Trésor public, plus ses fonds se pulvérisent ».

Un marché autorégulé a-t-il peu de chance de fonctionner ?

« La logique qui consiste à laisser le marché de l’automobile décider et à faire en sorte que la croissance de l’offre concorde avec celle de la demande, a du sens, et j’en conviens et c’est ce vers quoi la politique de l’Exécutif » concernant l’importation « tend », explique l’intervenant. 

« Mais rien ne permet de croire que ce genre de mécanisme fonctionne dans un pays où l’économie est instable et où les moyens financiers sont limités »; ajoute-t-il. De plus amples « informations sur cette décision » de reprise contenue dans le PLFC 2020 et coûteuse en matière de financement en devise sont les bienvenues pour la Commission.

Importation des voitures en Algérie et réserves de change : La lecture « optimiste » d’un expert

De son côté, l’expert Souhil Meddah, également contacté par le journal francophone, relativise les choses. Il acquiesce que les réserves nationales occupent une place de grande importance. Il reconnaît volontiers que leur accroissement est nécessaire et qu’on ne peut piocher là-dedans n’importe comment.

L’Etat algérien déboursera donc « des sommes en devises fortes pour pouvoir importer des voitures où d’autres produits ». Cependant et selon les mêmes propos, il récupérera « des taxes et droits de douane à l’arrivée. Cela va lui permettre d’augmenter la fiscalité ordinaire ».

Le tableau n’est pas si noir que cela, si l’on croit le spécialiste. Pour lui, on doit laisser « le marché faire son travail. De cette manières tous « ceux qui ne bénéficient pas d’avantages concurrentiels disparaîtront ». Rappelons par ailleurs que le niveau des réserves de change terminera l’année 2020 avec un montant de 44 milliards de dollars.

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