L’Algérie est devenue un marché ouvert aux entreprises européennes ?

Algérie – D’après une analyse économique effectuée par le Consultant Brahim Guendouzi, « 50% des produits qui alimentent le marché algérien sont importés depuis des entreprises européennes. Sans pour autant permettre à la production locale de se trouver une place au sein du marché européen ».

Ces dernières semaines, l’accord relevant de la zone libre échange entre l’Algérie et l’UE, devant entré en vigueur dès le 1er septembre prochain; revient souvent sur le devant de la scène. Pour sa part, le professeur d’économie à l’Université de Tizi Ouzou, Brahim Guendouzi; a livré un constat lors d’un entretien accordé au quotidien Algérien, Liberté; dans lequel, il a affirmé que « l’Algérie est devenue un vaste marché ouvert aux entreprises européennes; sans que ses produits ne puissent se frayer une place dans de quelconques circuits commerciaux des pays membres de l’UE ».

Répondant à une question concernant le déséquilibre de l’accord d’association Algérie-UE; l’économiste a reconnu que ce dernier est en défaveur de l’économie nationale. Ainsi, revenant à 2001, il a expliqué que la signature dudit accord à l’époque n’était pas en faveur de l’Algérie; « puisque son économie était amplement fragilisée. Celle-ci venait de sortir du programme d’ajustement structurel avec le FMI ». 

Cela dit, « la volonté des pouvoirs publics de l’époque était de faire sortir l’économie nationale de l’isolement dans lequel elle s’était confinée jusque-là »; a poursuivi le professeur. Celui-ci a d’ailleurs expliqué que « la perspective d’intégration au niveau national, d’une vaste zone de libre échange (ZLE); était perçue comme une opportunité de diversification des exportations à moyen et long termes ». De plus, ce dispositif devait attirer les investissements directs étrangers (IDE); a-t-il ajouté.

Quelle est la faille de cet accord ? Guendouzi répond

Poursuivant son analyse, il a rappelé le démantèlement tarifaire qui a eu lieu en 2005; avec l’entrée en vigueur de l’accord en plus des mesures restrictives imposées par la LFC de 2009 qui a restreint les IDE. Selon lui, la forte hausse des importations conjuguées à des exportations mineurs en produits hors hydrocarbures; « a sévèrement pénalisé notre économie »; a-t-il relevé. Sans oublier de signaler que la partie européenne a négligé l’engagement des programmes de mise à niveau des entreprises algériennes.

L’échec de cet accord pour la partie algérienne repose également sur l’inadaptation de son tissu économique; a confié Guenzoudi rappelant que ce dernier fonctionne à partir de la rente pétrolière. « En dix (10) ans (2005 – 2015); le cumul des exportations algériennes hors hydrocarbures vers l’UE n’a même pas atteint les 14 milliards de dollars; tandis que le cumul des importations algériennes auprès de l’UE s’est chiffré à 220 milliards de dollars; avec une moyenne annuelle de 22 milliards de dollars »; a-t-il regretté. 

Par ailleurs, à la lumière du contexte actuel, notamment la double crise éco-sanitaire; le commerce extérieur devient une véritable source de préoccupation; car les moyens de paiement extérieurs se font rares; a indiqué le spécialiste en économie. Toutefois, en attendant les premiers résultats de la démarche visant la diversification ainsi que la nouvelle vision relative aux IDE contenue dans la LFC 2020; le professeur a suggéré de réduire les importations de biens et services en élaborant des mécanismes de protection de l’économie nationale à moyen terme.

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