Traité d’amitié avec l’Espagne gelé : l’Algérie a violé l’accord d’association avec l’Union européenne ?

Algérie – Avec la suspension du traité d’amitié avec l’Espagne après le revirement de celle-ci sur le Sahara, l’Algérie est accusée d’avoir enfreint les termes de l’accord d’association avec l’Union Européenne. Cependant, nombre d’experts algériens et étrangers soutiennent que ces allégations sont infondées. Dzair Daily vous dévoile tout à ce sujet, dans son édition du 12 juin 2022.

« L’Algérie est un pays libre et maître de ses décisions. Il est donc de son droit d’encadrer ses relations commerciales, économiques et politiques avec n’importe quel pays, de manière à servir ses intérêts », expliquent des experts. Ces derniers s’accordent à l’unanimité sur le fait que la suspension par l’Algérie du traité d’amitié avec l’Espagne n’affecte en aucun cas les termes de l’accord d’association avec l’Union européenne.

En revanche, une source du secteur bancaire, citée par Echorouk, affirme que la décision d’interdire les importations depuis l’Espagne n’inclut pas toutes les opérations domiciliées avant le 10 juin 2022. Assurant ainsi à tous les commerçants et négociants économiques en attente de commandes en provenance d’Espagne que ce sera réceptionné à la douane à l’arrivée dans les ports et ne sera pas interdite d’entrée sur le marché.

Dans une déclaration au quotidien arabophone, l’économiste Mourad Kouachi certifie que la décision de suspendre le traité d’amitié avec l’Espagne, voire de geler les importations de ce pays, est principalement liée à la politique et à la relation d’un État à un autre. Elle n’est donc pas encadrée par la relation de l’Algérie avec le bloc européen. Bien que l’Espagne soit l’un de ses membres.

Algérie – Espagne : quelles conséquences après la rupture du traité d’amitié ?

D’autre part, le professeur a estimé que le plus grand perdant de cette crise aujourd’hui est l’économie espagnole. De son avis, l’Algérie reste en position de force. Car elle est le principal fournisseur de l’Espagne en gaz. Il s’agit d’une matière de base qui est vitale ; et dont Madrid ne peut se passer. « Par ailleurs, l’Union européenne, épuisée aujourd’hui par la guerre russo-ukrainienne, n’ira pas au-delà de la condamnation », a-t-il ajouté.

Kouachi va plus loin et affirme que les prix de vente du gaz algérien à l’Espagne sont très bas. Ils oscillent entre 5 et 6 dollars par million d’unités thermiques. Alors que le prix sur le marché libre frôle aujourd’hui les 40 dollars par million d’unités thermiques. Ce qui ouvre la voie à l’Algérie, dans un avenir proche, pour reconsidérer les prix. Et ce, dans le cadre du contrat conclu entre les deux parties.

Dans un même contexte, l’expert économique, Ishaq Kherchi, accuse l’Union européenne d’avoir violé l’accord d’association avec l’Algérie il y a quelques années. Celle-ci ayant négligé le transfert d’expertise, de technologie et l’investissement vers l’Algérie ; conformément à ce qui est inclus dans les clauses.

Kherchi assure qu’il est temps aujourd’hui de revoir article par article les termes de cet accord. « À plus forte raison que le président Abdelmadjid Tebboune l’avait précédemment ordonné », note-t-il. Puis, il ajoute que « les relations, à partir d’aujourd’hui, doivent être égales et fondées sur le principe du gain mutuel ». Afin que le marché national ne s’ouvre pas à l’écoulement des marchandises étrangères importées.

Expert italien : ce qui se perd en économie à travers Madrid se récupère à travers Rome

Selon la même source médiatique, l’expert italien Daniel Rovaniti soutient que la décision de l’Algérie de suspendre le traité d’amitié avec l’Espagne était prévisible. En raison du fait que l’Espagne a soutenu pleinement le plan du Maroc. C’était en mars dernier. Le retournement concerne la question du Sahara occidental. Ce que l’Algérie considère comme un acte hostile à son encontre.

Dans un même temps, Rovaniti explique que la suspension du traité n’inclut pas les questions liées aux contrats d’approvisionnement énergétique. Du moins, pour le moment, surtout à la lumière des prix du gaz et du pétrole en crise survenu au lendemain du conflit russo-ukrainien. Il le juge positif du côté de l’Algérie ; qui reste le troisième fournisseur de gaz en Europe.

Enfin, et en ce qui concerne le boycotte des importations espagnoles sur le marché algérien, l’orateur précise que l’Italie peut s’y substituer dans un avenir proche. Cela en raison des bonnes et solides relations ; qui unissent Alger et Rome.

Toutefois, il est nécessaire que Madrid et Bruxelles optent pour une solution diplomatique. Pareille chose en abordant tous les points précités avec l’Algérie. « D’autant plus que ce pays reste en position de force grâce à la carte essence », finit-il par lâcher.

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