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Le témoignage poignant de cette Algérienne redécouvert après sa mort

Vidéo – La mort de cette dame algérienne de Kabylie, survenue en ce novembre 2020, a déterré un témoignage d’elle dans un film documentaire, sur la femme pendant la guerre d’Algérie, produit deux ans en arrière. Les internautes redécouvrent sur la toile, principalement Facebook, son récit frappant.

Lors des temps de grandes crises, ce sont les membres de la société les plus vulnérables, à la base déjà, qui en payent le tribut le plus lourd. Ce sont généralement les classes socialement défavorisées. Mais aussi les catégories d’individus assez fragiles et fragilisées, en temps normal déjà. Cela par rapport à des cirières ethniques, culturels, biologiques (comme l’âge et le sexe)…, etc. Dans le contexte dans lequel se situe le témoignage de cette Algérienne, Dahbia Saidi d’Aït Bugharden à Tizi Ouzou, témoin de la guerre de libération et que la mort vient d’enlever hélas, il est question des femmes de l’époque et de leur martyr.

C’est donc l’histoire tragique de nos femmes, partie prenante d’une manière ou d’une autre de la lutte contre le colonialisme, que raconte la regrettée Dahbia Saidi. La destinée de celle-ci illustre le parcours de nombreuses Algériennes. Elles étaient prises dans un tourbillon de violences multiformes. De plus, elles naviguaient péniblement entre une société « machiste » et « patriarcale » d’un côté et le colonisateur qui veut frapper cette même société dans le cœur même de sa dignité et son honneur qui résident, en grande partie, dans le corps de la femme.

Na Dahbia nous laisse le souvenir d’une paysanne modeste qui a fait face à la machine de guerre coloniale

Les Français, eux, en disposaient comme bon leur semblaient. Et pourquoi s’en priver ? devaient-ils se demander à vrai dire. C’est bénéfique pour le moral des troupes. Les hommes mobilisés sont loin de leurs compagnes. Et cerise sur le gâteau : Ces montagnards kabyles qui combattent dans les rangs des « fellagas » et les soutiennent en prendraient un sale coup. On abat mieux ces rudes paysans par le déshonneur qu’on leur inflige que par les tirs des bombardiers les plus puissants. La honte et le chagrin les terrorisent en effet, bien plus que l’impact des balles au-dessus de leurs têtes.

Tout cela devait alors passer par l’esprit des grands chefs de l’armée coloniale qui fermaient les yeux sur les tortures et les actes de viol commis, systématiquement, par leurs soldats. Chose qu’ils pourraient même avoir encouragé par moments. Il s’agissait d’une forme de guerre psychologique. Ce n’est en tout cas pas Na Dahbia qui aurait dit le contraire si on lui avait demandé. Cette dernière nous a légué son histoire. C’est, en fait, celle de beaucoup de ses contemporaines. Et d’autres, après elles, se l’ont appropriée.

Cette valeureuse dame est donc partie rejoindre ses compagnons d’armes déjà disparus. À leurs côtés, elle avait vécu la guerre d’Algérie jusque dans les moindres recoins de sa chair. Et de son âme, aussi, bien entendu. Face caméra, le regard perçant de ses yeux en disait long. Presque même plus que les mots qui sortaient de sa bouche asséchée par la remémoration des souvenirs traumatiques qui l’hantaient encore. Elle avait dû les traîner avec elle, collés à sa fine peau durement éprouvée, jusque dans sa tombe. 

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