Réserves de change de l’Algérie : Les experts entre crainte et espoir

Algérie – Le calcul basé sur les données fournies par la LFC 2020 indique bel et bien le délabrement en 2021 des réserves de change de l’Algérie. Cela est vrai si l’on se fie aux propos des experts et spécialiste en matière d’économie. En l’état actuel des choses, difficile d’affirmer l’inverse.

Dans le cas où le prix moyen de référence de 35 dollars le baril venait à se concrétiser, le solde des réserves de change de l’Algérie chuterait à un niveau amplement critique. Il se baladerait à proximité des 40 milliards de dollars d’ici la fin de l’année en cours. Ce montant est l’équivalent d’uniquement quelques mois d’importations pour l’année 2021. La situation est délicate. Les solutions, quant à elles, se font rares. Le choc pétrolier rend nos « ressources financières » sèches. L’impact sur nos réserves en devises tape où ça fait mal.

La Banque mondiale (BM) prédisait en avril dernier un recul des réserves algériennes à 24,2 milliards de dollars. Cela équivaut à 6,1 mois d’importations au terme de 2020. L’institution issue de Bretton Woods l’a fait en s’appuyant sur un prix moyen de référence s’élevant à 30 dollars le baril. « Une action urgente » doit être menée. « La dette publique augmente, les réserves devraient s’épuiser en 2021 et des engagements hors bilan sont imminents », a alerté la BM.

« En raison du déficit du compte courant et d’un compte de capital pratiquement inactif, la baisse des réserves de change de l’Algérie, qui étaient de 194 milliards de dollars à la fin de 2014, s’est accélérée avec une moyenne de 20 milliards de dollars par an »; explique l’économiste Lachemi Siagh au quotidien algérien Liberté. « Le contexte de la crise pétrolière aggravée par la crise sanitaire va stimuler davantage cette accélération, ce qui présage d’un épuisement des réserves de change l’année prochaine. »

D’après les mêmes propos, le déficit de la balance des paiements en hausse est lié à la circulation des devises. Ladite balance est déficitaire de 18,8 milliards de dollars. Ce chiffre rapporté par le Projet de Loi de Finance Complémentaire 2020 exprime le « fait qu’il y a plus de devises qui sortent que de devises qui rentrent en Algérie ». Par celles qui sortent on entend dire « les dividendes de sociétés étrangères, parts des associés de Sonatrach et importations de services », rappelle le journal.

Chute des réserves de change de l’Algérie.. Héritage des gouvernements successifs

L’interlocuteur de notre source ajoute : En dehors d’une « mobilisation de financements extérieurs, ce que le gouvernement refuse de faire, il n’y a pas d’autres solutions à court terme que le recours au FMI ». Le spécialiste reproche aux différents gouvernements successifs d’avoir négligé la création « d’une économie diversifiée ». Une structure économique « exportatrice capable de générer des rentrées de devises ».

L’économiste Souhil Meddah est d’accord avec les dires qu’on vient d’évoquer. Ceux relatifs à l’épuisement « naturel » des réserves nationales. Néanmoins, il poursuit que les choses pourraient peut-être aller mieux pour elles. Ce sera ainsi si la crise se borne à durer dans le temps. Une sortie de crise qui viendrait avant l’écoulement du dernier trimestre de 2020 serait salvatrice. Tel scénario redémarrera l’économie mondiale et stimulerait le marché pétrolier. C’est donc une question de temps plus que de toute autre chose.

« Le rythme du déficit sera résorbé proportionnellement avec l’effet de limitation des dépenses et des importations »; a-t-il précisé au quotidien. Ce qui est certain par contre est que le Trésor public se trouve dans une mauvaise passe. Le gouvernement, selon l’avis de beaucoup, devrait faire preuve « d’ouverture d’esprit » et « d’ingéniosité » pour surmonter la « pente ».

Partager sur :

Articles récents

Articles connexes