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Procès des 42 manifestants : 1 an de prison dont 6 mois ferme

Algérie – Le procès tant attendu a eu lieu aujourd’hui au tribunal de Sidi M’hamed à Alger. Au total 42 manifestants sont poursuivis pour des faits liés aux manifestations pacifiques.

C’est sans doute l’un des procès les plus marquants de l’histoire contemporaine de l’Algérie vu le nombre important de détenus d’opinion concernés. Interpellés pour des faits liés au Hirak et au port de drapeau amazigh; 42 manifestants algériens ont comparu ce lundi 11 novembre devant le procureur du Tribunal de Sidi M’hamed à Alger.

33 d’entre eux étaient détenus depuis des mois en prison. Les 9 autres étaient placés sous contrôle judiciaire. Un détenu malade mental à 100%, transféré à l’hôpital psychiatrique Frantz Fanon sur ordonnance le 10/10/2019, devait lui aussi passer devant le juge.

Une centaine d’avocats bénévoles se sont constitués pour assurer leur défense. Le comité national pour la libération des détenus d’opinion (CNLD) et la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) ont également apporté leur soutien aux détenus.

Le procès a été marqué aussi par un grand rassemblement de solidarité qui s’est tenu devant le tribunal. Un important dispositif sécuritaire a été déployé par la police à cet effet.

Procès et verdict

C’est l’un des procès les plus longs en Algérie. Les premiers détenus sont arrivés au tribunal à 12h00 et le procès s’est poursuivi jusqu’à 02h00 du matin.

Le procureur a requis, dans un premier temps, 2 ans de prison ferme assortis 100.000 dinars d’amende contre les accusés. À 00h50 le juge a décidé de renvoyer 4 affaires de 20 détenus d’opinion au 18 novembre.

Le verdict final est tombé à 02h00 du matin pour le reste des détenus. Ainsi, 21 détenus d’opinion ont été condamnés à un an de prison : six mois fermes et six mois avec sursis, pour « atteinte à l’unité nationale ».

Les avocats, les familles des détenus et les manifestants présents au sein du tribunal on été sous le choc lorsque le verdict est tombé. Indignation et détresse palpable, les familles des détenus ont laissé éclater leur colère et les mamans s’écroulent en larmes; rapportent les journalistes présents sur place.

L’on peut également entendre des cris de protestation : « Pouvoir Assassin »; « Justice de téléphone » ou encore « Mazalagh d’imazighen » (Nous sommes toujours des amazighs).

« Une dérive gravissime », « une grave atteinte aux droits de l’Homme » et une « criminalisation de l’identité amazigh » s’indignent les avocats et les militants présents sur place.

Notons que les juges d’autres tribunaux à l’instar de Annaba, Kherrata ou encore Jijel, ont remis en liberté les manifestants arrêtés pour le même « motif », en l’occurrence le port de drapeau amazigh; tandis que le tribunal d’Alger continue d’emprisonner les manifestants pour les mêmes faits. Une « justice à deux vitesses » estiment bon nombre d’observateurs.

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