Algérie : Le fils de Rebrab dévoile des détails explosifs

Omar Rebrab a dévoilé des détails intéressants sur les blocages dont le groupe Cevital était victime sous le règne de Bouteflika.

Invité dans un entretien exclusif sur la chaîne El Hayat TV, Omar Rebrab, fils de la première fortune en Algérie, Issad Rebrab a donné des détails sur ce qu’il appelle « la volonté d’écartement » par l’ancien régime; à sa tête Bouteflika à l’égard du groupe industriel bâti par son père; et les obstacles mis dans sa route pour faire couler l’entreprise familiale.

Omar Rebrab a tout d’abord rappelé que le groupe Cevital a des usines dans les quatre coins du pays notamment à Alger, Oran, Mostaganem, Constantine; ou encore à Béjaia et il ont l’ambition de se diversifier sur tout le territoire national.

En effet, Cevital est le groupe privé qui paye le plus d’impôts juste après la société nationale algérienne Sonatrach; avec un montant de 2000 milliards de centimes d’impôts par an. « On a toujours été corrects, on a toujours payé nos impôts; » mais ça ne suffisait visiblement pas; explique Omar en faisant allusion au refus d’Issad Rebrab de soutenir politiquement l’ex-président déchu et son clan.

Rebrab ne compte pas se laisser faire

Concernant la sulfureuse affaire de montage automobile, Omar affirme que tous les blocages étaient d’ordre « politique ». Il poursuit en levant le voile sur les pertes occasionnées au groupe Cevital. « Nous avons fait appel à un expert agréé par l’Etat pour évaluer nos pertes. Ce dernier a pris en compte toutes les indemnisations versées  à nos employés, mais également; nos investissements et nos locations de certaines infrastructures qui sont bloquées à ce jour. Il a avancé le chiffre de 4600 milliards de centimes ! » a affirmé Omar Rebrab.

Il explique par ailleurs qu’il ne compte pas se laisser faire, et souligne son intention de saisir la justice pour réclamer des indemnisations : « Je demande l’indemnisation des marques qu’on a perdues, notamment Hyundai; Fiat et notre marque spécialisée dans la production d’engins publiques et des remorques. »

Pour rappel, Rebrab a été convoqué par le juge d’instruction de Sidi Mhamed pour témoigner en tant que partie civile dans ce gros scandale politico-financier qui implique un grand nombre d’ex-hauts responsables et hommes d’affaires proches du sérail; dont la plupart ont écopé de lourdes peines de prison. Certains ex-ministres ont d’ailleurs été condamnés à verser des indemnités au groupe Cevital; d’un montant qui s’élève à la somme de 10 milliards de centimes.

Rebrab était-il soutenu par le général Toufik ?

Omar Rebrab a démenti les rumeurs faisant état des accointances présumées de son père, Issad Rebrab, avec l’ancien patron de l’ex-DRS, le général Mohamed Mediéne dit « Toufik »; condamné à 15 ans de prison pour « complot contre l’autorité de l’État » et incarcéré au centre pénitencier de Blida.

À ce propos, Omar explique que son père a effectivement rencontré le général Toufik; mais cette rencontre n’a eu lieu qu’une seule fois. « C’était en 1992 lors d’un litige qui avait opposé Issad Rebrab à l’ancien chef du gouvernement Belaid Abdesselam. » déclare-t-il. Omar ajoute en outre, que toutes les étiquettes qu’on avait tenté de coller à son père n’étaient que des rumeurs amplifiées.

Par ailleurs, Omar Rebrab a évoqué l’incarcération de son père à la prison d’El Harrach, en affirmant que la justice algérienne était « sur la bonne voie »; et qu’il avait confiance en cette justice « qui tranchera équitablement » sur le sort de son père.

Au sujet de l’ex-patron du FCE (Forum des Chefs d’Entreprises) et PDG du groupe ETRHB Ali Haddad; Omar Rebrab déclare : « Il ne voulait pas nous aider, et pourtant c’était l’homme qui devait défendre les industriels et les entrepreneurs. Malheureusement il n’a réglé que ses propres problèmes; mais n’a jamais cherché à solutionner les nôtres. »

Concernant les exportations de Cevital, Omar a affirmé que son groupe atteint l’équivalent de 800 millions de dollars par an en exportations. Ce bilan positif dans une conjoncture économique très compliquée en Algérie a d’ailleurs poussé le gouvernement algérien à « tendre la main » à Rebrab tout récemment; en promettant de débloquer plusieurs projets du groupe Cevital incessamment sous peu.

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