Maghreb : L’Algérie, le Maroc et la Tunisie à l’épreuve du Coronavirus

Au Maghreb, dont fait partie l’Algérie et où les capacités de réanimation sont moindres, les patients en détresse respiratoire se multiplient en raison de la propagation du Coronavirus. En réaction, des ingénieurs locaux, dans un geste empreint d’humanité et de patriotisme, viennent à la rescousse de leurs concitoyens.

Face à un manque qui se ressent de plus en plus, y compris et surtout d’un point de vue logistique; se traduisant par un risque accru de pénurie en matière d’équipements et de dispositifs médicaux de qualité, et dont la disponibilité doit être assurée en quantités adéquates aux besoins croissants tout en rendant compte du timing; des têtes pensantes et innovatrices maghrébines, se rivalisent en ingéniosité pour compenser, dans un esprit de pure solidarité nationale; les lacunes matérielles existantes dans leurs pays respectifs.

C’est dans ce sillage, et sous son slogan officiel à connotation morale d’altruisme et d’utilité publique; avançant fièrement et sans équivoque qu’une « entreprise qui ne gagne que de l’argent est bien pauvre »; la société algérienne Gatech s’est engagé à fournir,une fois que son prototype, brillamment élaboré, est validé par les autorités compétentes, à tous les hôpitaux du pays ses respirateurs artificiels; inédits car intégralement produits en Algérie, sans contrepartie et dans les plus brefs délais, rapporte le site d’information marocain Le360 Afrique.

D’autre part, et au pays du couchant lointain, à savoir le Maroc, avec qui l’Algérie partage une bonne partie de ses frontières, un inventeur de la ville de Tanger, Hamid El Mouden, « a mis en place un appareil respiratoire léger et portable » à des prix bas et susceptibles de diminuer davantage, et espère un partenariat avec une entreprise en vue de commercialiser son produit, indique le média digital. 

En outre, Yassine Nedali, Jamal Bachiri et Younès Belfatmi; trois cadres du groupe marocain OCP, ont développé un mécanisme capable d’améliorer les performances des respirateurs artificiels; tandis qu’au pays du Jasmin, un autre voisin immédiat de l’Algérie; en l’occurrence la Tunisie, l’Eniso, Ecole nationale d’ingénieurs de Sousse; a mobilisé une équipe, d’enseignants et d’étudiants, consacrée à la fabrication d’une « machine d’oxygénothérapie nasale à haut débit » typiquement tunisienne; souligne notre source.

Coronavirus au Maghreb : Des économies incompatibles avec le confinement ?

Par ailleurs, et selon les chiffres publiés en 2018 par l’OIT, Organisation internationale du travail, 63,3 % des Algériens dépendent de l’économie de l’informel, devant la Tunisie qui compte 58,8 %, et après le Maroc, premier de la malheureuse liste, avec un taux de 79,9 %. De ce fait, le confinement de la population maghrébine; majoritairement précaire et soumise à une sphère d’activité incertaine et dépourvue de stabilité, s’avère complexe; explique l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique.  

Les images sont similaires, que ce soit en Algérie, en Tunisie, ou au Maroc. Des couches sociales bravent l’interdiction de circuler; afin de se garantir son pain du jour, dans le cadre de leur mode vie depuis toujours débrouillard. Ils disent ne pas vouloir échapper aux griffes du Coronavirus pour ensuite tomber dans celles, peut-être plus redoutables, de la famine. « Se prémunir contre le Covid-19 est un luxe que ne peuvent s’offrir que les nantis »; regrette une pharmacienne tunisienne vue par Jeune Afrique.  

En revanche, le Royaume chérifien, tout comme la Tunisie, « a prévu des dispositifs pour les populations les plus fragiles. Et notamment  la catégorie des journaliers. »; rapporte l’hebdomadaire avant d’ajouter qu’en Algérie, pays fortement impacté par la crise pétrolière; « la fonction publique est préservée », puisque la moitié « des effectifs sont libérés avec maintien du versement des salaires »; alors que « le privé, les libéraux et les artisans » rien n’a encore été entrepris à leur adresse.

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