Importation de voitures neuves en Algérie : Quel intérêt pour le consommateur ?

Algérie – Les économistes sont unanimes sur l’utilité d’octroyer des licences pour le retour de l’importation de voitures neuves en Algérie; affirmant qu’une décision à ce niveau contribuera à faire bouger le marché automobile en Algérie, débarrassé d’un montage de véhicules n’ayant servi ni l’économie nationale; ni le citoyen algérien.

« La reprise de l’importation des voitures neuves en Algérie contribuera à fournir des véhicules sur le marché algérien après une pénurie qui a duré plusieurs années », au grand dam des consommateurs; a affirmé l’économiste Ali Aya dans un entretien au quotidien algérien Echorouk.

Mais cela, toujours d’après lui, ne réduira pas nécessairement le prix du véhicule; qui sera soumis à la loi de l’offre et de la demande. « Le gouvernement ne sera pas obligé de réduire ou de soutenir le prix, car la voiture n’est pas incluse dans la liste des articles de base tels que le lait, le pain, l’huile et le sucre »; a-t-il clarifié.

Cette « mesure courageuse » pourrait pomper, selon les premières prévisions; un montant de 200 milliards de dinars sous forme de taxes au Trésor public. En outre « nous devons revoir la politique industrielle dans son ensemble en Algérie. Plutôt, aujourd’hui, nous devrions aller vers l’industrie alimentaire; car elle est plus facile et plus proche du potentiel algérien que la fabrication de voitures. »; a-t-il ajouté.

De son côté, Abdelkader Berriche, expert et professeur dans le domaine de la gouvernance économique encourage « la décision d’autoriser à nouveau les concessionnaires à importer des voitures de tourisme neuves pour répondre à la demande en relançant le marché automobile »; et de préciser que cela serait en attente de la préparation d’une stratégie et d’un plan intégrés pour le secteur des industries mécaniques et sa reprise sur une base cette fois-ci solide.

« La décision est très correcte, poursuit-il, et est venue mettre un terme à un foyer de corruption et remettre le secteur de la vente de voitures neuves; et le retour des concessionnaires automobiles en activité et revitaliser le marché automobile; après la récession qu’il a connue pendant 6 ans. »

Vers une voiture neuve à partir de « 100 millions de centimes »

L’ancien président de l’Association des concessionnaires automobiles multimarques (ACAM), Youcef Nebbache; a déclaré au média que la décision de réimporter les véhicules neufs avait reconsidéré les concessionnaires qui faisaient face au chômage et qui avaient été marginalisés sous le règne de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika.

Cette nouvelle donne rétablira, selon le président de l’ACAM; la stabilité du marché algérien de l’automobile, mais le doublement des droits de douane maintiendra à son tour les prix des voitures; quelque peu stables et commencera dans les limites de 100 millions de centimes.

Selon les mêmes propos, la valeur totale des taxes atteindrait 60%, ce qui ferait augmenter le prix de la voiture importée; dont les prix restent aujourd’hui élevés à l’étranger. « Les véhicules seront conformes à la logique du marché, offre et demande; et compte tenu notamment de la valeur du dinar devant la devise étrangère et les taxes (tarifs douaniers…) imposées »; a-t-il explicité.

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