Importation de voitures en Algérie : Vers un taux de change unifié ? (Neuf/occasion)

Algérie – Avec la ré-autorisation de l’importation des véhicules neufs et d’occasion de moins de 3 ans, un expert en économie juge bon d’unifier le taux de change afin de mieux contrôler les opérations d’importation de voitures en Algérie.

Dans un entretien accordé en ce début juin à l’Agence officielle APS, l’expert en économie, Mahfoud Kaoubi, a présenté une analyse dans laquelle il a soulevé la question relative au retour de l’importation des voitures (neuf et occasion); dans le cadre du projet de Loi de Finances Complémentaire de 2020.

Selon l’expert, les mesures du PLFC 2020 tentent de corriger toutes les failles contenues dans l’ancienne loi d’investissement. Cette dernière, selon lui, a accordé de nombreux avantages injustifiés aux usines de montage automobiles. Il poursuit en estimant que l’importation des véhicules neufs, autorisée sans quota, et régie principalement par le marché [loi de l’offre et la demande]; est une bonne mesure qui pourra, à terme, solutionner la crise du marché automobile en Algérie.

Néanmoins, Kaoubi a reconnu qu’en effet les prix des véhicules et le coût du financement des opérations d’importation, seront abusivement marqués par l’écart et la différence, estimée à environ 30%, entre les taux de change officiel et informel (sur le marché noir); ouvrant ainsi la voie à une forte hausse des prix des voitures importées depuis l’étranger qu’elles soient neuves ou d’occasion. 

L’expert propose d’unifier le taux de change

Pour Kaoubi, cet écart représente un réel problème qui n’est pas traité par les lois qui définissent le processus de financement des importations automobile en Algérie. Il appelle ainsi à unifier le taux de change du dinar face aux devises étrangères. « Le taux de change doit être unifié afin de contrôler correctement les opérations industrielles et d’importation »; a-t-il avancé comme éventuelle solution.

Bien que certains dispositifs tentent de remédier aux deux cours du taux de change [marché officiel et marché informel, ndlr], cela ne règle pas le problème de base, a expliqué l’expert. Les prix ne sont pas seulement liés aux taxes et aux droits de douane; mais sont également liés à la forte concurrence pré-existante sur le marché automobile.

Dans ce contexte, il a rappelé que dans le secteur de l’automobile en Algérie, seulement 4 ou 5 marques ont réussi à s’imposer sur le marché suite à l’introduction des usines de montage. Ces dernières se sont donc retrouvées dans une situation de monopole poussant ainsi les prix à la hausse.

Mahfoud Kaoubi poursuit, en exprimant ses réserves face au retour à l’importation des voitures d’occasion; dites de moins de 3 ans d’âge. Selon lui, les véhicules d’occasion sont polluants et dangereux car ils ne répondent pas aux normes de sécurité. De plus, la mesure en elle même est contradictoire aux lois de la concurrence et vient comme un obstacle à la bonne mise en oeuvre de l’importation des voitures neuves depuis l’étranger.

Partager sur :

Articles récents

Articles connexes