Finance islamique en Algérie : Ce qu’il faut savoir en 2020

Algérie – Le gouvernement a décidé de s’orienter vers la Finance Islamique, dans le but d’atténuer l’impact de la double crise économique et sanitaire.

En effet, le gouvernement a misé sur la finance islamique comme outil de renfort face au déficit actuel dont est frappé de plein fouet l’économie nationale. Afin d’assurer ce pari, l’adoption de réformes économiques et financières est nécessaire; ces dernières entreront en vigueur au fur et à mesure que des textes et des lois seront instaurés à cet effet.

Notons que le but est d’accélérer la mise en place des services bancaires islamiques; car les autorités voient en cette mesure un moyen d’absorber l’argent du marché noir

Ainsi, ce cap majeur, franchi par l’État Algérien intervient suite au déséquilibre qui a touché l’activité économique du pays, et ce; depuis la dissémination de la pandémie du Coronavirus, plombant sur son passage l’économie mondiale et locale; étant  cette dernière pleinement dépendante des revenus pétroliers, dont le cours a connu le mois dernier une baisse drastique sans précédent; en conséquence à la pandémie.

Mise en place d’un Haut Conseil Islamique

Selon un communiqué datant du 6 avril dernier, une décision a été approuvée par le Haut Conseil Islamique, autorisant la création d’une Commission nationale de la Charia chargée d’élaborer des Fatwas pour l’industrie financière islamique, a indiqué l’APS. 

Cette commission aura pour objet d’accorder le certificat de conformité légale aux banques et aux établissements financiers. De plus, cette action soutient totalement la Banque d’Algérie dans l’instauration des règlements bancaires islamiques, précise la même source.

Soulignons, dans ce contexte, que la commission a pris part à cet engagement suite au règlement n° 20-02 du 15 mars 2020; spécifiant les opérations de banque relevant de la finance islamique et les conditions de leur exercice par les banques et établissements financiers; publié dans le numéro 16 du Journal officiel.

Selon, la même source, ce système s’inscrit dans le cadre du programme du président de la République, Abdelmadjid Tebboune; et du plan d’action du gouvernement; annoncé en février dernier. Celui-ci répond aux requêtes des citoyens souhaitant bénéficier des services du système bancaire islamique.

La Finance islamique pour récupérer l’argent du marché noir ?

Depuis des années, plusieurs hommes d’affaires et économistes ont appelé l’État à accélérer l’adoption d’une feuille de route claire; pour récupérer l’argent et les devises qui circulent sur le marché noir. Ces derniers voulaient être confrontés à une concurrence loyale; seulement, malgré tous les efforts intensifiés du gouvernement; ce dernier a échoué face à l’éradication du marché noir. 

De son côté, la Banque d’Algérie a réaffirmé que le financement islamique permettra aux banques publiques qui contrôlent 87% du marché financier; d’adapter leurs offres afin d’absorber les fonds du marché noir. L’argent qui coule sur le marché parallèle est estimé à 31 milliards de dollars; mais certains experts disent que le véritable montant est bien au-delà de celui-ci.

Pour sa part, l’économiste Slimane Nacer estime que la finance islamique représente un important levier pour le financement des projets des personnes refusant de passer par le système financier; basé sur le taux d’intérêt, et optant plutôt pour un système alternatif; à l’instar de la Mourabaha, la Moucharaka, la Moudaraba, l’Ijara, le Salam, l’Istisna’a.

« Plusieurs lois doivent être changées dans le règlement de la banque centrale qui régit le secteur bancaire. Car ces dernières sont conçues pour réglementer les banques traditionnelles; mais inadaptées avec la finance islamique »; assure l’expert. Ainsi, plusieurs experts en économie appellent à améliorer les dispositifs financiers; afin de gagner la confiance de la population en ouvrant la voie à la finance islamique en Algérie

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