Essais nucléaires de la France de l’Algérie : Le plaidoyer de Cédric Villani

France – Le mathématicien renommé et député de l’Essonne, Cédric Villani en l’occurrence, revient sur le dossier des essais nucléaires auxquels a procédé son pays dans le Sud de l’Algérie. 

61 ans après que l’Hexagone ait fait exploser sa première bombe atomique dans le Sahara algérien, la question autour des indemnisations et de la décontamination des sites reste un problème d’actualité. Nombreux sont ceux qui estiment que la métropole ne doit plus refuser de se confronter à ses responsabilités historiques. Il faut que la France assume ses essais nucléaires en Algérie, a plaidé Cédric Villani. 

Le parlementaire français s’est en effet exprimé au sujet des expérimentations et essais nucléaires, actifs entre 1960 et 1966, dans le Sahara algérien. Il a accordé un entretien à Liberté, paru le 20 avril 2021. Cédric Villani a alors manifesté son souhait. Celui de voir son président Emmanuel Macron accomplir un nouveau pas en avant vers l’apaisement des mémoires entre son pays et le nôtre.

Le député non inscrit (NI) de la 5e circonscription escompte que la France admette les conséquences sanitaires et la nocuité de ses explosions atomiques expérimentales. Dix-sept (17) essais nucléaires aériens et souterrains dont le théâtre était la région de Reggane et le massif du Hoggar. 

« J’espère que le chef de l’État français reconnaîtra l’impact des expériences », dit-il.  D’après le locuteur, l’heure est venue pour le gouvernement français de prendre connaissance de l’ampleur des retombées radioactives. Notamment de la bombe baptisée « Gerboise bleue ». L’explosion de celle-ci, rappelons-le, a eu lieu le 13 février 1960 à 07h04, durant la guerre d’Algérie. 

La France face à son passé nucléaire : « Décontamination des sols et sites pollués » 

Le mathématicien et député et d’autres signataires ont réclamé la publication des cartes des zones contenant les déchets radioactifs français dans le Sahara algérien. « Ces dossiers-là prennent du temps. Mais nous serons très attentifs à ce qu’il y ait une réponse », affirme Cédric Villani. 

Le célèbre spécialiste de l’analyse mathématique s’est dit persuadé d’une chose. Il pense  très sincèrement que la France prendra part aux opérations de décontamination. Il estime cependant que l’agissement du gouvernement algérien dans le dossier des essais nucléaires qu’a commis la France coloniale a été « lambin ». L’intervenant explique alors cette réaction « tardive ». 

Elle est, selon lui, due au fait qu’une bonne partie des expérimentations s’est déroulée après l’indépendance. Le dossier de l’irradiation saharienne, souligne Villani, s’éternise aussi en raison de la situation sanitaire actuelle. Il a assuré, dans ce sens, que ce projet se concrétisera une fois la conjoncture devenue stable. 

« Ce sujet est explicitement évoqué, en termes pressants, dans le rapport que l’historien Benjamin Stora a remis au président Macron ». C’est effectivement ce qu’a stipulé l’ancien Marcheur. Il a conclu son intervention en soutenant que l’assainissement des installations nucléaires doit être conjointement élaboré et accompli. Tant par la France que par l’Algérie, a-t-il précisé enfin.  

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