Économie

Crise économique en Algérie : Vers le recours à la planche à billets ?

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Algérie – Sur fond de crise économique, de nouvelles mesures de politique monétaire s’imposent, alors que l’usage de la planche à billets s’imposera par lui même dans un avenir proche, selon un économiste algérien.

La Banque centrale d’Algérie (BA), a ramené son taux directeur de 3,50% à 3,25%, dans le but de redonner souffle à l’investissement à partir de l’octroi de crédits coûtant moins cher, souligne Nour Meddahhi, professeur en économie et finances, dans un entretien accordé au quotidien national Liberté.

En effet, le professeur précise que le taux des réserves obligatoires, de 8% ce mois-ci, doit être abaissé jusqu’à atteindre 2%, libérant par là 210 milliards de dinars que les banques seront capables de prêter. C’est pour l’instant suffisant pour soutenir le niveau de liquidité des banques souligne l’économiste qui note que la baisse devrait se poursuivre.

Suite uniquement à la chute du prix du Brent, référence pour le pétrole algérien, rappelle l’économiste, la liquidité bancaire a enregistré depuis le début de l’année 2020, une baisse de 88 milliards de dinars. En prenant en compte un prix demeurant à 30 dollars, « cette baisse de liquidités serait de 115 milliards de dinars par mois, à comparer avec les 210 libérés par la baisse de 2% du TRO », indique Meddahi.

Vars le recours à la planche à billet, pour cet été ?

Une vision optimiste prévoyant une moyenne annuelle de 40$ le baril, signifie  « une baisse de 3,5 milliards de dollars de la fiscalité pétrolière et 9,6 milliards de dollars des réserves de changes par rapport aux prévisions de la LF 2020. ». A cet égard, le professeur pense « que l’asphyxie du système bancaire se fera au cours de l’été si les paramètres évoqués restent stables », indique-t-il notant que pareille estimation ne prend pas en considération deux incertitudes primordiales.  

La première incertitude est relative aux prêts des banques au secteur privé qui s’élevaient à 5 200 milliards en mars 2019. Ce montant représente ainsi, en dépassant de loin les 3 à 5% qu’on constate dans un système bancaire normal, « près du quart des crédits au secteur privé ». L’intervention du Trésor est probablement nécessaire pour effectuer la recapitalisation de ces banques. La seconde est au sujet du « problème soulevé par le Premier ministre qui a indiqué que des engagements pris en 2019 à hauteur de 1 000 milliards n’ont pas de financement ».

En dépit du discours officiel prédominant jusqu’à présent, d’ici un laps de temps pas très long, probablement l’été qui est à nos portes, présage le professeur, le recours à la planche à billets se révélera inévitable. Un camouflage de la démarche, à travers le prêt de l’argent au Trésor par les banques publiques qui seront refinancées par la BA « dans le cadre d’une opération de réescompte, avec une décote faible » ou égale à zéro, n’est pas à écarter selon le même avis.

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