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Coronavirus et Frontières : Les Algériens partagés quant à l’ouverture

Algérie – L’opinion publique nationale est partagée au sujet de l’ouverture des frontières entre les Algériens qui prônent le déverrouillage pour notamment des raisons socio-économiques et d’autres qui récusent cette action sous l’étendard de la prudence et la précaution face à la menace de la pandémie du coronavirus.

La scène médiatique et les réseaux sociaux en Algérie sont, actuellement, l’arène dans laquelle se déroule un affrontement d’idées entre les Algériens partisans de l’ouverture des frontières nationales et la reprise des vols et dessertes maritimes, et les détracteurs de cette démarche perçue, à la lumière de la crise sanitaire présente induite par le coronavirus, comme marque d’imprudence et un saut dans l’inconnu.

Une assez large partie de l’élite politique ; et intellectuelle, mais aussi la rue algérienne, s’inscrivent dans cet échange ; souvent intense et parfois même virulent. Cette confrontation d’idées oppose deux camps engagés dans une course à l’argumentation de leurs points de vue respectifs. Les Algériens ne sont pas insensibles à la question de rouvrir ou pas nos frontières. Loin de là. Ainsi, le débat en cours là-dessus trouve des échos dans notre pays.

Bekkat Berkani retissant et le Comité scientifique suggère un plan préventif

Mercredi dernier, le membre du Comité scientifique chargé du suivi de la Covid-19 en Algérie, Bekkat Berkani, a montré une profonde méfiance ; à l’égard de la réouverture des frontières. La raison en est qu’on vient à peine de connaître une stabilisation du bilan épidémiologique. Tandis que les pays avec lesquels nous avons traditionnellement plus de trafic se retrouvent tous, selon Berkani, dans une situation sanitaire délicate.

Il s’agit du Maroc, Tunisie et Turquie. Il est question également de la France. Ce pays enregistre 6.000 nouveaux cas par jour. Le docteur est allé jusqu’à marteler que la France représente le danger le plus périlleux. Pour lui, il faudrait arrêter de rechercher l’ouverture des frontières et le retour des vols coûte que coûte. La temporisation, d’après les mêmes propos, devrait être le mot d’ordre en l’état actuel des choses. La précipitation est à bannir ; peut-on saisir des déclarations du spécialiste.

Le lendemain, Bekkat Berkani, qui note que la décision finale revient de droit aux hautes autorités du pays, a déclaré que le retour à un train de vie normal doit s’opérer. La reprise des vols, intrinsèquement liée à l’ouverture des frontières, doit s’enclencher aussi. En revanche, le médecin informe que le Comité scientifique dont il fait partie propose un protocole sanitaire qui encadrera la réouverture.

Ali Benouari rejoint le débat

L’ancien ministre algérien du Trésor, Ali Benouari, a joint sa voix à celles réclamant la réouverture. En fait, vendredi dernier, il a passé au peigne fin les arguments du Dr Bekkat Berkani ; en lui reprochant d’être insuffisamment clair sur ses positions. Alors, concernant la justification selon laquelle le premier cas de coronavirus apparu en Algérie soit un cas importé, Benouari s’est simplement interrogé : N’est-ce pas d’ailleurs pareil avec tous les pays touchés par la pandémie ? Exception faite de la Chine où le virus a émergé pour la toute première fois.

L’ex-ministre n’a rien contre la temporisation prônée par Berkani, il s’est juste demandé pour combien de temps durera cette opération d’observation. Car la fermeture, selon toujours Benouari, risque trop d’engendrer bien plus de problèmes que la Covid-19. Il y a pire que ce virus « à faible mortalité », laisse entendre l’orateur. Et c’est justement ce que peut provoquer le verrouillage. La situation socio-économique ne promet pas de tenir encore longtemps ; si l’en croit l’intervenant.

Les citoyens algériens, quant à eux, adhèrent à l’une ou à l’autre des options. Ce qui est certain, par ailleurs, est le fait qu’une grande partie de nos ressortissants à l’étranger est restée extrêmement attachée à leur pays natal pour les uns, et pays de leurs parents pour les autres. Pour mémoire, le député de l’émigration, Noureddine Belmeddah, a adressé un courriel officiel au président Tebboune le priant d’intervenir pour l’accélération du processus d’ouverture des frontières. Il a d’ailleurs annoncé, jeudi dernier, que des responsables soutiennent sa démarche

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