Coronavirus : Une famille française coincée en Algérie témoigne

Algérie – « Andrée et Georges Durand, un couple de retraités de Boigny sur Bionne dans le Loiret (France), accompagnés de leur fille Sylviane et de son époux Saïd », ont donc débarqué en Algérie le 12 mars dernier, pour rendre visite à la famille de leur gendre algérien. Mais depuis, « ils sont coincés dans un petit village à une centaine de kilomètres d’Alger ».

« Nous avons reçu nos visas le 3 mars et l’ambassade à Paris nous a assuré que nous ne risquions rien et pouvions partir; raconte la vieille dame au réseau des radios locales publiques France Bleu. De même j’ai appelé l’agence de voyage avec laquelle nous devions partir la veille de notre départ; et ils m’ont dit que nous ne risquions rien. Nous sommes donc partis en toute confiance. ».

Cependant, « le 17 mars, poursuit-elle, nous avons (alors qu’ils se trouvaient en Algérie depuis 5 jours) reçu un mail nous informant que notre vol retour, prévu le 26 mars, était annulé. J’ai alors envoyé des mails à la compagnie aérienne Air Algérie, à Air France aussi; mais ils nous ont dit qu’ils ne peuvent rien faire. Alors nous sommes allés au consulat de France, à Alger; mais il était fermé. »

« Si au moins ils nous tenaient au courant, la situation serait moins compliquée pour nous. »; estime l’oratrice après avoir souligné qu’elle a « envoyé des mails à » leur « député Richard Ramos; qui » qui lui a « conseillé de contacter l’ambassade par mail. C’est donc ce » qu’elle a « fait en leur disant « dans quelle situation » ils étaient, leurs « âges »; leurs « difficultés », mais « aucune réponse » ne lui a été émise.

Le vieux couple n’a plus accès à ses médicaments  

« Mon mari a 80 ans, il a fait un A.V.C. l’an passé, moi j’ai du diabète. Mais ici, dans la campagne éloignée d’Alger; nous n’avons pas accès aux mêmes médicaments qu’en France. J’ai peur que nos maladies évoluent. »; avoue Andrée révélant ses appréhensions par rapport à cette situation anxiogène.

« Et en plus de cela ils ne sont pas remboursés, mon mari en a déjà eu pour plus de 100 euros. Bientôt nous n’aurons plus assez de liquidité pour acheter nos médicaments »; explique-t-elle par la suite dans son témoignage au média français ayant publié son entretien avec elle ce lundi 27 avril. 

« Chaque semaine deux avions relient Alger à Paris, mais c’est l’ambassade qui décide qui peut les prendre, précise Andrée Durand. Nous ne savons pas si le déconfinement en France, le 11 mai, fera accélérer les choses pour nous. En attendant on a l’impression que la France nous a oublié, ajoute-elle d’un ton amer. »

Il est utile de souligner que les récits des français coincés dans notre pays par les mesures prises contre la propagation du Coronavirus, en particulier l’interruption des liaisons aériennes et maritimes, n’est ce qui manque en ce moment, à l’exemple du récent cas de la vénissiane de 43 ans, souffrant d’une pathologie rare, et qui est bloquée à Sétif en Algérie; ou celui de la femme de Mouloud Akloul, un footballeur français, bloquée elle aussi sur le sol algérien, ou encore l’histoire de Mehdi et Maria, un couple franco-algérien séparé par la clôture des frontières.

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