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Algérie : Les vendeurs du marché noir de devises au chômage

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Algérie – Depuis trois jours, les opérations d’achat et de vente des devises dans le marché noir, dont le cours de change est toujours en chute libre, sont presque quasi nulles. Les cambistes témoignent, au quotidien national Le Soir d’Algérie, de leur profond désarroi.

La principale surface du marché noir des devises, le Square Port-Saïd, à Alger, est dévastée par le contexte sanitaire mondial et national mis rudement à l’épreuve par la propagation du nouveau Coronavirus, Covid-19. Cela est survenu suite au gel des voyages à l’extérieur de nos frontières, résultant de la suspension des liaisons aériennes et maritimes avec les pays étrangers, elle-même conséquence directe de la lutte contre le virus prompt à se propager, causant une chute des principales devises prisées par les cambistes algériens.

Ainsi, l’euro s’échange aujourd’hui sur le marché noir au prix de 180 DA à l’achat et à 184 DA à la vente. Le dollar étasunien s’échange quant à lui à 167 DA à l’achat et autour des 171 DA à la vente, tandis que la livre sterling s’échange à 215 DA à l’achat et à 220 DA à la vente.

Aucun des cambistes à présent, n’ignore l’ampleur de la crise qui paralyse, suite aux retombées insoutenables du Coronavirus, le marché noir des devises. Ce qu’ils ignorent apparemment tous par contre, c’est la durée dans le temps sur laquelle s’étalera une telle situation extraordinaire puisqu’il s’agit d’un effet qui a comme cause une pandémie aux issus imprévisibles.  

Les vendeurs sont en effet unanimes sur la gravité de la situation aux prémisses qui remontent à février à l’image de l’un d’eux, Ahmed, qui a affirmé d’un ton amer que le Coronavirus « a tout tué », de plus est dans une période de l’année marquée à chaque fois par la saison de pèlerinage et les voyages vers les destinations touristiques préférées des algériens, faisant habituellement exploser la demande et ainsi grimper les valeurs de la monnaie unique européenne, et celle du dollar américain qui n’était pas moins recherchée.

Une situation critique au caractère inédit

Un vendeur sur place, Salah, évoque l’impact atroce du retrait des importateurs du marché en raison de la suspension jusqu’à nouvel ordre des vols entre la Chine et l’Algérie, comme point de départ au processus dégénératif, et qui, ajouté à celui des facteurs déjà mentionnés, pussent Farid, comme beaucoup d’autres de ses confrères, à qualifier d’inédite cette crise dont l’évolution future est impossible à prédire avec exactitude.   

Abderrezak, un cambiste qui, désemparé, a confié avoir carrément « déserté la place depuis trois jours » en se posant sérieusement la question de « pourquoi venir chaque matin », du moment que les affaires sont mortes et que par conséquent « ça chôme ici ».

Les lendemains sont incertains et les vendeurs sur le marché parallèle des devises, dont le centre névralgique se situe à la place du Square Port Saïd à la Capitale, voient leurs recettes s’amoindrir et avoisiner le zéro et au passage, mettre en péril la source, parfois seule d’où proviennent leurs revenus.

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