Chute du prix du pétrole : L’Algérie face à des « conséquences négatives »

Algérie – Les baisses spectaculaires des cours de brut annoncent des lendemains difficiles pour l’économie nationale, selon l’ancien PDG de Sonatrach.

En effet, l’ex-patron de l’entreprise nationale pétrolière et gazière Sonatrach et expert dans les questions énergétiques, Abdelmadjid Attar, a abordé dans un entretien accordé à l’APS le 9 mars, les conséquences de la chute des prix de pétrole sur l’Algérie en les qualifiant de « déjà définitivement négatives ».

L’expert affirme que la lecture la plus optimiste des faits actuels, consiste à dire que la pandémie du Covid-19, qui sera probablement plus maîtrisée prochainement avec la venue de la saison chaude, favorisant une meilleure lutte contre sa propagation, « ne constitue pas le seul agent influenceur de la situation du marché pétrolier ».

Il poursuit en expliquant que la guerre des prix engagée par l’Arabie Saoudite, entraînera « une chute du baril à un niveau avoisinant les 30 dollars ». Un dénouement pareil est de nature assez dramatique pour un pays comme l’Algérie, qui a élaboré sa Loi des Finances en comptant sur un prix de 50 dollars le baril.

Vers une crise économique mondiale, pire que celle de 2008 ?

La baisse des consommations, causée par un contexte économique en récession, et la rude compétition entre producteurs, accentuée, entre-autres, par le pétrole et le gaz de schiste américains, sont autant d’éléments qui impactent déjà les cours de brut, avant même l’apparition du Coronavirus.  

L’orateur estime, dans son analyse des évolutions de la scène économique mondiale, que l’avènement d’une crise planétaire est très probable. Il lui prédit une ampleur plus dévastatrice, que sa précédente survenue en 2008.     

Pour le moment, selon Attar, les membres de l’OPEP doivent se garder de réagir, afin d’éviter à l’Organisation tout risque d’éclatement. Cela, en continuant leur politique de réduction des productions, pour tenter de maintenir les cours de brut à des niveaux acceptables malgré que cette démarche soit hautement gênée par l’Arabie Saoudite, qui a baissé ses prix tout en augmentant sa production

L’Algérie, dont la politique économique et budgétaire est, à 98%, dépendante des recettes des hydrocarbures, s’apprête à voir ses revenus se minimiser davantage.  Selon les propos de l’expert, cette nouvelle phase critique qui  va mettre à l’épreuve notre économie, rend urgent l’engagement sérieux à tous les niveaux, de réformes larges et profondes.

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