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Canada : Une enseignante algérienne témoigne sur le voile devant le juge

Canada – Se succèdent à la barre plusieurs opposants à la Loi sur la laïcité de l’État, dans la province du Québec au Canada, dont le procès se déroule à la cour supérieure, et c’est dans ce cadre de débat intense devant l’instance judiciaire qu’une enseignante algérienne contestataire proclame, le mardi 3 novembre, que son voile (hidjab) n’a jamais été à l’origine d’une quelconque divergence dans son environnement professionnel.

Une professeure algérienne, une certaine Bouchera Chelbi, qui enseigne l’anglais à Montréal, ville de la province du Québec au Canada, plaide pour l’annulation de la Loi sur la laïcité de l’État interdisant le port de signes religieux distinctifs à différents acteurs de la Fonction publique et pour se justifier, l’enseignante souligne que son « hidjab (voile islamique) n’a jamais été une source de discorde ou de tensions ».

« Je ne vis pas de conflit entre ma foi et la façon dont je dispose de mon enseignement », a-t-elle assuré en direction du juge. « Je n’ai pas de parti pris envers les élèves ». C’est ce qu’a affirmé l’enseignante originaire d’Algérie, qui vit et travaille au Canada, en guise d’assurance qu’elle ne privilégie pas ses élèves musulmans aux autres. « Il est important que tout le monde soit traité de façon égale », a-t-elle argué.

La Loi en question est taxée de « raciste et sexiste » au Québec. Cela par plusieurs plaignants et surtout plaignantes de confession musulmane. L’Algérienne Bouchera Chelbi a accédé à son poste bien avant ce texte de loi. Alors elle peut continuer à enseigner tout en restant voilée grâce à la clause dérogatoire. Par contre, en ce qui concerne son aspiration à obtenir ultérieurement un poste de gestion, la dame risque de mettre un trait là-dessus.

Déception et frustration de Bouchera Chelbi

« C’est comme si la réalité me frappait de plein fouet », a-t-elle confié. « C’est une porte qui se ferme », a-t-elle expliqué pour montrer son désarroi. D’autre part, la mère d’une élève a témoigné, en revanche, d’une chose assez troublante. Elle a rapporté qu’une enseignante voilée exerce des tensions sur sa fille. Le but étant de pousser la jeune fille à se voiler le corps. En réponse à ce témoignage, l’Algérienne a exprimé son opposition à une telle pratique.

« Cette pression n’est pas correcte ». Ainsi a réagi Bouchera Chelbi. Réaction qui a porté sur le témoignage du parent. « On ne peut pas imposer le foulard », a-t-elle tenté de convaincre. Chelbi a continué en indiquant que « c’est aux parents de former leurs enfants ». C’est à eux de les former « selon leurs propres croyances ». Aux avis selon lesquels le voile des femmes musulmanes serait oppresseur à leur égard, l’enseignante algérienne riposte.

Elle a fait cela en expliquant à la cour que c’est son hidjab qui la réconforte. Il lui donne, d’après elle, un fort sentiment de « complétude ». Elle se dit émancipée. Grâce, en partie, à son voile. Rappelons par ailleurs que le texte législatif s’est vu adopté par le Parlement. Divers groupes sociaux militent en vue de son abolition. Le gouvernement québécois n’en est pas en reste. Il défend bec et ongles son projet. Ses soutiens défilent aussi devant la cour.

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