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Baisse du prix du pétrole en Algérie : Vers la dévaluation du dinar algérien

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Algérie – La baisse inquiétante des prix du pétrole risque de durer et le déficit de l’Algérie pourrait se creuser davantage dans les mois à venir, poussant le pays vers une faillite imminente.

Dans un entretien accordé au quotidien Liberté, le professeur d’économie à l’Université Aix Marseille, Raouf Boucekkine, a fait savoir que la chute vertigineuse des prix du pétrole est en grande partie causée par la crise sanitaire du nouveau Coronavirus, Covid-19, aggravée par la guerre des prix qui ne date pas d’hier entre les producteurs de pétrole, notamment entre l’Arabie Saoudite et la Russie.

L’économiste explique à cet égard, que si la situation ne s’améliore pas dans les prochains mois, cette contagion est en mesure de laisser des traces indélébiles dans la géopolitique mondiale et ses répercussions directes sur l’économie algérienne peuvent êtres très néfastes.

« La Loi de Finances 2020 a été “fabriquée” avec un prix de référence de 50 dollars le baril et avec des hypothèses fortes sur les volumes d’exportations d’hydrocarbures. Les déficits budgétaire et extérieurs vont exploser si rien n’est fait. », a affirmé Raouf Boucekkine.

Dévaluation du dinar et planche à billets ?

Le professeur en économie poursuit, en rappelant que la LF 2020 prévoit une dépréciation du dinar contre le dollar de seulement 10% en trois ans, accompagnée d’une réduction drastique des dépenses de l’État. « Je ne suis pas sûr que nous soyons dans une conjoncture où le gouvernement a le loisir de raboter la politique de transferts sociaux. Et pourtant, cela devient de plus en plus urgent. », a-t-il déclaré.

Dans le même ordre d’idées, l’économiste a expliqué que le retour du gouvernement à la planche à billets est envisageable, et ce dans l’optique de tenir les promesses du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, notamment concernant le volet socio-économique visant à re-hausser le pouvoir d’achat du citoyen algérien. Cependant, les possibilités restent réduites et les réserves de change restantes, estimées à 60 milliards de dollars, risquent de fondre comme neige au soleil, regrette-t-il.

Pour rappel, le député de la commission des finances et du budget de l’Assemblée Nationale (APN), El Houari Tigharsi, a récemment appelé les autorités à mettre en place des mesures d’austérité en limitant les dépenses et la facture d’importation, tout en récupérant les 6 milliards de dollars circulant sur le marché noir des devises, en raison de l’effondrement des prix du pétrole.

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