Algérie : Voici pourquoi le marché noir de la devise a pris de l’ampleur

Algérie – Toujours d’actualités, le marché noir de la devise fait beaucoup parler de lui ces derniers temps. De son côté, Mohamed Haichour, expert financier livre une analyse à ce sujet au journal électronique La Patrie News, cité dans son édition de ce 27 août. 

En effet, le spécialiste a apporté des éclairages concernant les raisons qui encouragent le marché noir de la devise à s’étendre et à prendre davantage de l’ampleur en Algérie; alors qu’un marché interbancaire existe bel et bien. Selon Haichour, il est actuellement nécessaire « de faire un état des lieux, afin d’évaluer le marché de change officiel; d’autant plus que le Gouvernement compte introduire des réformes de fond quant à la réglementation en vigueur ».

Rappelant l’autorisation émise en 2017 par la banque d’Algérie, permettant aux banques commerciales de proposer aux entreprises « la possibilité de couvrir leurs expositions en matière de risque de change; contre une éventuelle fluctuation défavorable des cours »; l’intervenant a expliqué pourquoi ce dispositif n’a pas décollé. 

« Il y a d’une part, le manque de structures bancaires spécialisées; dédiées à la gestion des risques de change. Mais aussi l’absence d’une courbe de taux de référence sur le marché local ». D’autre part, Haichour a indiqué que « les textes d’application très rigides presque inapplicables sur le terrain »; ont également contribué à freiner ce dispositif. 

Il enchaîne son exposé en signalant que « le manque de liquidité en devises, qui permet aux banques intermédiaires de couvrir les expositions de leurs clients; ainsi que le déséquilibre entre les montants en devises entrants; laissées à la disposition des banques et la demande émanant de la part des clients; pour effectuer les paiements à l’étranger »; représentent pour leur part une entrave pour le lancement d’un marché de change à terme.

« L’émergence du marché noir de la devise repose sur la non-convertibilité du Dinar Algérien », estime Haichour 

Poursuivant son analyse, l’expert financier a tenu à rappeler que la monnaie nationale n’est malheureusement convertible que pour les opérations commerciales ou financières; (transfert de dividendes ou remboursement de prêts inter-compagnie.) Ainsi, les autres besoins des Algériens; tels que les voyages, les études ou bien les soins à l’étranger; ne sont pas pris en compte par les institutions financières légales. 

« Ils n’ont le droit qu’à des montants en devises vraiment dérisoires. Ce qui les pousse à se diriger vers le circuit parallèle »; a regretté Haichour. Selon lui, la sphère informelle peut se structurer rapidement en fonction des évènements et la progression technologique; afin de proposer des solutions non seulement innovantes mais aussi fiables; a-t-il confié; mentionnant dans ce contexte la crypto-monnaie.

« Celle-ci permet aux Algériens l’acquisition de grandes sommes en devises à la lumière de la fermeture des frontières et de la difficulté à faire circuler les devises »; a révélé le chroniqueur. Pour lui, l’État doit essayer de contenir intelligemment ce marché noir des devises par des mécanismes de marché à la fois souples et modernes. 

En conclusion, il a appelé à revoir le volet des bureaux de change, qui selon lui peuvent absorber la massive somme des devises circulant sur le marché de change parallèle. À condition que la réglementation en vigueur introduise des assouplissements quant à la vente des devises.

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