Algérie : Des véhicules d’occasion plus chers que les neufs en 2022 ?

Algérie – Depuis plusieurs semaines, les prix des véhicules d’occasion se sont enflammés sur le marché national. Ces coûts hors de prix seront-ils absorbés par l’importation de voitures neuves ? 

En Algérie, les véhicules d’occasion se vendent plus cher que leurs prix d’achat sur le marché automobile national. Une situation qui dépasse les limites de l’entendement de nombreux consommateurs algériens. Pour remédier à cette difficulté, les concessionnaires sont à nouveau autorisés à l’importation de voitures neuves. 

Toutefois, la question qui se pose est de savoir si cette activité mettra fin à la hausse spectaculaire des voitures de seconde main et à cette crise sur le marché automobile. Plusieurs professionnels du secteur et des associations de consommateurs pensent le contraire. Ils s’attendent même à une flambée historique, rapporte l’APS.

Ce constat a été notamment établi par le président de l’Apoce. Mustapha Zebdi a accordé un entretien à l’agence de presse. L’acteur associatif a indiqué que les prix baisseront seulement s’il y a des produits alternatifs. 

Il estime que la diminution, ou du moins, la stabilisation des prix des voitures d’occasion ne se concrétisera pas uniquement avec l’activité d’importation. Il va falloir que l’offre sur les véhicules importés soit plus compétitive que celle des voitures d’occasion. « L’importation ne doit pas être hors de portée des bourses moyennes », souligne en effet le président de l’Apoce. 

Véhicules d’occasion : La flambée des prix risque de persister encore

Malgré la relance prochaine de l’activité d’importation de véhicules neufs, les prix exorbitants de ceux d’occasion tendront à s’installer dans la durée. C’est en tout cas ce que laissent croire les analyses de Mustapha Zebdi. 

Selon lui, les importations de voitures neuves seront confrontées à des charges importantes. À savoir, une taxe de 35% et un retour de la TVA à 19%. Le président de l’Apoce a notamment mentionné la hausse des prix du transport maritime. Tous ces frais impacteront le prix final des voitures neuves. Il ne faut pas s’attendre à revoir les anciens coûts des voitures importées, explicite l’intervenant.   

Un quota trop insuffisant pour baisser les prix? 

Le fondateur du site spécialisé dans l’automobile en Algérie, Largus.dz s’est prononcé sur la question. Mourad Saadi a rappelé que l’offre n’est pas conséquente depuis pratiquement 2017. D’après lui, les 400.000 véhicules que produisaient les usines de montage du pays entre 2014 et 2019 étaient défectueux pour répondre aux besoins d’une demande sociale. 

En sus, l’intervenant auprès de l’APS a précisé que le montant fixé à 2 milliards de dollars maximum ouvre la voie aux concessionnaires d’importer seulement entre 120.000 et 150.000 voitures touristiques.

Ceci risque de ne pas suffire à satisfaire le marché local d’un volume de 400.000 véhicules par an, en moyenne. Et à Mourad Saadi d’ajouter : « Je suis convaincu que les voitures importées ne seront pas disponibles avant 2022 ». Selon lui, le processus d’importation prendra plus de temps que l’on ne le pense. 

Des véhicules d’occasion plus coûteux que les neufs 

En attendant, les véhicules d’occasion demeurent plus onéreux que leur prix d’acquisition. À titre d’exemple, un modèle de voiture coréenne immatriculé en 2019 affiche, actuellement, le prix de 2.250.000 sur le marché d’occasion. Alors que chez les concessionnaires, elle était vendue au prix de 2.130.000 DA. Soit une hausse de 5,5%. 

De son côté, une marque française de l’année 2019 est disponible dans le pays au prix de 1.810.000 DA. Tandis qu’à sa sortie d’usine, elle était facturée à 1.619.000 DA. Soit une flambée d’un peu plus de 11,7%. C’est ce dont a fait état l’APS dans son édition d’aujourd’hui 7 février.

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