Algérie : Les syndicats critiquent la hausse du salaire minimum (SNMG)

Algérie – La revalorisation du SNMG adoptée en début mai par le Conseil des ministres, n’est pas du goût de la Confédération des Syndicats Algériens (CSA), qui la jugent largement « insuffisante ».

En effet, la Confédération des Syndicats Algériens (CSA) s’est dite insatisfaite de la récente hausse du SNMG d’un montant de 2.000 DA. Ainsi, l’organisme a estimé que tant que l’augmentation en question profitera principalement à ceux dont les revenus sont indexés sur le SMIC, anciennement SMIG; faisant référence aux hauts fonctionnaires de l’État, cette revalorisation ne constituera pas une évolution significative des salaires des employés. 

Dans un communiqué publié ce 15 mai, à l’issue de la réunion de son bureau tenue les 11 et 12 du mois en cours, la CSA a appelé à revoir la politique salariale; afin d’aboutir à un équilibre vis-à-vis du pouvoir d’achat tout en préservant la dignité des travailleurs; revendiquant notamment la révision du « système fiscal national pour apporter plus d’égalité et de flexibilité parmi les assujettis, et ce dans le  but de lutter contre l’évasion fiscale et d’élargir l’assiette des cotisations »; a-t-on appris auprès de la même source.

Par ailleurs et face à la propagation de la pandémie du Coronavirus dans le pays, la CSA a tenu à confirmer son soutien aux travailleurs ayant été contraints de se retrouver au chômage, appelant le gouvernement à se tourner vers eux pour une prise en charge urgente. En outre, la confédération a exprimé, dans le même contexte, son regret par rapport au « manque de respect » des mesures sanitaires dont fait preuve malheureusement bon nombre de citoyens.

Hausse du SNMG en Algérie : Ce que pense le Cnapeste et le Snapest

Beaucoup de syndicats autonomes, dont le Cnapeste et le Snapest ne sont pas satisfaits de la fameuse hausse du SNMG. Les deux organisations syndicales estiment qu’augmenter le SNMG de 2.000 est insignifiant, car ce montant ne répond pas aux attentes des fonctionnaires. Selon eux, les prix à la consommation, la production et la conjoncture économique et sociale du pays sont les principaux éléments sur lesquels devrait se baser une réorganisation intégrale de la politique salariale, y compris la revalorisation du SNMG en Algérie.

Si un haut cadre a un salaire de 360.000 DA, sachant que son revenu est calculé par rapport au SMIC; ainsi avec une augmentation de 11,11%, il atteindra les 396.000 DA, a signalé Meriane Meziane; président du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest); précisant que ce calcul n’est pas conforme à une réelle politique salariale. Notons que 2.000 DA représente un taux de 11,11% du SNMG actuel en Algérie (18.000 DA).

Une augmentation de 2.000 DA est très loin de la nécessaire revalorisation des salaires; a dénoncé de son côté, le porte-parole du Conseil national autonome des professeurs du secondaire et technique (Cnapeste), Messaoud Boudiba; réaffirmant également que le SNMG des travailleurs de la fonction publique inclut toutes les indemnités, ce qui fausse son calcul et en résulte les bas salaires. Par conséquent, cette revalorisation ne leur sera simplement pas favorable, à l’inverse des hauts responsables des entreprises et des cadres supérieurs de l’État.

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