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Algérie : Soutenance de Doctorat en anglais.. Les précisions du CNES

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Algérie – Le coordinateur national du CNES, Conseil national des enseignants du Supérieur, Abdelhafid Milat, a expliqué que le ministre Chems Eddine Chitour « a confondu entre 2 concepts académiques différents concernant la soutenance en anglais; à savoir la thèse de doctorat et l’article scientifique ».

«Celui qui fait la thèse ne la traduit pas en anglais pour permettre sa publication, et nous avons demandé il y a 3 mois que la thèse soit rédigée en langue anglaise»; a déclaré ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Chems Eddine Chitour, devant le parlement à la fin de la semaine; et en réponse à une question concernant la crise de la publication d’articles scientifiques pour les doctorants et chercheurs algériens.

Les propos ont été diffusés comme signifiant l’obligation de soutenir les thèses de doctorat en anglais; tandis qu’en réalité le ministre se référait dans sa déclaration à l’article scientifique et non pas à la thèse de doctorat, dont la soutenance en anglais en Algérie demeure facultative; précise Abdelhafid Milat dans un entretien au média arabophone Echorouk.

Le syndicaliste ajoute par ailleurs que ce n’est pas la première fois que le ministre du Secteur, « sceptique », selon les mêmes propos; par rapport au projet d’introduction de l’anglais dans les universités algériennes, suggéré pour la première fois par le CNES, « fait des déclarations incompréhensibles, pour ensuite revenir les réfuter avec des communiqués explicatifs. »

Un plan pour avorter le projet lié à l’anglais dans l’Université ?

Milat s’est en outre prononcé dans un post Facebook, relayé par le journal électronique Algérie Maintenant, critiquant les déclarations du ministre sur le sujet en les qualifiant de « tromperie »; qui entre dans le cadre d’un plan visant à retarder le projet de remplacement à l’Université de la langue française par celle anglaise.

« Au début, écrit-il sur sa page, ils ont complètement rejeté le projet et ont déclaré qu’il n’y a pas de différence entre la langue française et la langue anglaise, étant donné que la langue n’est qu’un moyen d’enseignement, et nous avons évincé leur argument par un autre plus pertinent; tant que la langue n’est qu’un moyen d’enseignement; étudions alors en arabe toutes les filières enseignées en français ! N’avez-vous pas dit que la langue n’a pas d’importance lorsque vous défendez la langue français ? »; rapporte Algérie Maintenant.

« Double jeu de la part des responsables », selon Milat

« Après la chute de leur argumentation initiale, poursuit le patron du CNES favorable à une introduction progressive de l’anglais dans les filières scientifique et l’enseignement du reste en arabe, ils sont passés au plan B; qui consiste à ne pas exprimer et montrer leur rejet du projet; mais plutôt à comparaître devant les médias avec l’apparence de défendre le projet avec toute leur force; mais cela ne reste qu’au niveau des déclarations. S’agissant des actions, c’est carrément l’inverse. »

« Afin de démontrer la difficulté et l’impossibilité de réaliser le projet, ils veulent imposer les articles en anglais, en sachant déjà que la grande majorité des enseignants et des étudiants ne maîtrisent pas cette langue, et alors leur argument sera : Ne vous avons-nous pas dit que nous ne sommes pas prêts pour ce retournement ? Il vaut mieux oublier ce projet temporairement; en fait éternellement, estime Milat. »

« Au milieu de la crise sanitaire et de la suspension des des cours dans les universités algériennes, est-ce le bon moment pour parler de la langue d’enseignement ? N’était-ce pas plus prioritaire que le ministre nous parlait des plans de son ministère pour sauver l’Université algérienne du spectre de la pandémie ? »; s’interroge le syndicaliste.  

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