L’Algérie répond à Macron et l’accuse d’« ingérence »

Algérie/France – Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune a réagi aux propos tenus récemment par Emmanuel Macron manifestant son rejet « catégorique de l’ingérence inadmissible dans les affaires intérieures » de l’Algérie. Nous explorons tous les détails du communiqué de la Présidence dans notre édition du dimanche 03 octobre 2021. 

Les relations entre les deux pays traversent de nouvelles turbulences, après le discours prêté au président français publié, ce samedi, par Le Monde. Une déclaration dans laquelle il considère que son ancienne colonie s’est construite sur « une rente mémorielle » évoquant notamment un « un système politico-militaire » au pouvoir algérien. L’Algérie dénonce les déclarations de Macron exprimant son rejet de toute ingérence dans ses affaires intérieures. 

Dans la foulée des propos formulés par Emmanuel Macron, le gouvernement algérien a annoncé rappeler son ambassadeur à Paris pour consultations. Une manière, dans le langage diplomatique, d’exprimer sa colère. Il a donc justifié ce rappel par son « rejet de toute ingérence dans ses affaires intérieures ». La présidence algérienne a, de surcroît, précisé avoir procédé à une telle démarche à la suite des déclarations non démenties.

Celles que plusieurs sources françaises ont attribuées nommément au président français, au cours de la journée de samedi. C’est en effet ce qui ressort du communiqué de la Présidence de la République algérienne repris par l’agence APS. Dans le document en question, Abdelmadjid Tebboune condamne fermement lesdits propos. Il les considère comme étant une atteinte intolérable à la mémoire des 5.630.000 valeureux martyrs. 

L’Algérie fustige le discours « irresponsable » d’Emmanuel Macron 

L’escalade verbale du Président français a eu un écho particulier en Algérie. Il faut dire que les tensions sont très fortes entre les deux États dans le contexte chargé en émotions déjà existant. Notamment, après l’annonce de la France de réduire drastiquement l’octroi des visas aux Algériens. Les nouveaux propos de Macron que vitupère fortement le gouvernement algérien reviennent alors mettre de l’huile sur le feu. 

Selon le journal français Le Monde, Emmanuel Macron estime que l’histoire d’Algérie à la période coloniale « a été totalement réécrite ». Elle ne s’appuie pas, selon lui, sur des bien-fondés, mais autour d’« un discours qui repose sur une haine de la France ». Il s’agit là des échanges entretenus entre le président français et des descendants de protagonistes de la guerre d’indépendance algérienne que relate la source médiatique suscitée. 

Le gouvernement algérien qualifie ainsi l’intervention du chef de l’État français comme étant « malencontreuse, irresponsable et inadmissible ». De son avis, « elle heurte fondamentalement les principes devant présider à une éventuelle coopération algéro-française en matière de mémoire ». Il rappelle, dans son communiqué, les crimes de la France coloniale en Algérie.

« Ils sont innombrables et répondent aux définitions les plus exigeantes du génocide contre l’humanité », indique-t-il en outre. La présidence algérienne dénonce par ailleurs des « appréciations superficielles, approximatives et tendancieuses énoncées en ce qui concerne l’édification de l’État national. Ainsi que sur l’affirmation de son identité ». Elles relèvent, a-t-elle souligné, d’ « une conception hégémonique éculée des relations entre États ».

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