Algérie : Vers le recours à la planche à billets pour payer les salaires ?

Algérie – Le FCE propose de recourir à la planche à billets afin d’alimenter les entreprises en difficulté; et payer les salariés mis au chômage technique. Un économiste met en garde contre les éventuelles conséquences de cette action.

En effet, la dernière réunion du Forum des Chefs d’entreprise (FCE); s’est conclue en suggérant une possibilité de s’orienter vers le financement non conventionnel, à savoir la planche à billets, comme solution aux difficultés auxquelles font face les entreprises publiques et privées en Algérie; a rapporté le média arabophone Echorouk.

Une crise économique, sans précédent a vu le jour en raison du confinement imposé par le gouvernement, ainsi que la limitation de la circulation et la suspension de la quasi-totalité des activités économiques; depuis la progression du Coronavirus dans le pays. « 50% du personnel de ces entreprises a été mis au chômage technique »; a révélé le FCE précisant que l’argent imprimé serait destiné au paiement de ces derniers, mais également dans le but d’aider et de soutenir les PME à poursuivre leur production et à rester sur le marché.

De son côté, Mohamed Chérif Belmihoub, professeur et consultant en économie, a indiqué que son opposition catégorique en 2017 face au recours à la planche à billets, avait ses raisons; à l’instar des répercussions négatives du financement non conventionnel, comme l’inflation. « Aujourd’hui, la situation est différente; car le contexte actuel du pays nécessite un appui afin de préserver l’emploi et sauver les entreprises de la faillite »; a-t-il avancé. 

Cette mesure mène directement à la dette intérieure, qui en Algérie; ne dépasse pas 50% du produit intérieur brut, ce qui permet aujourd’hui de recourir à la planche à billets; mais avec une grande prudence tout en veillant à ce que l’inflation ne soit pas affectée, a signalé l’expert.

Selon lui, la préservation du pouvoir d’achat des citoyens Algériens, menacé de sévère détérioration en raison de l’arrêt de l’activité économique et réduite de 30% à l’échelle mondiale; est le principale motif poussant le gouvernement à recourir à ce plan.

L’avenir des entreprises dans l’incertitude

Selon Belmihoub, plusieurs entreprises ont connu des difficultés depuis 2019 et se sont intensifiées en 2020; causées par la crise sanitaire qui imposa le confinement. La plupart des entreprises les plus impactées sont actives dans le secteur de la production alimentaire et de l’industrie pharmaceutique; qui se heurte à de grands obstacles lors de l’importation de la matière première.

Il y a aussi des sociétés qui étaient forcées de geler leur production; ce qui a impacté leurs finances; les obligeant à licencier 50% de leurs employés afin de rester sur le marché. D’autres sont carrément au bord de la faillite; a regretté le consultant.

Pour sa part, Sami Agli, président du FCE; a affirmé que certaines entreprises sont gravement touchées, notamment celles activant dans le secteur de la communication et des services, employant 200.000 travailleurs. Étant du même avis que Belmihoub, le président du FCE a souligné que cette crise n’est pas nouvelle, rappelant celle de 2019.

Quid de la récupération de l’argent pillé ?

Seulement l’intensité de l’actuelle crise est plus inquiétante que la précédente, car tout le monde avait misé sur la stabilité politique; afin de reprendre de l’élan, mais la propagation de la pandémie du Covid-19 a paralysé leur espoir.

Notons que le parlementaire El-Houari Tigharsi; en tant que membre de la Commission des finances et du budget de l’APN, a plaidé pour l’intervention du FCE et de la Chambre Algérienne de Commerce et d’Industrie (CACI); afin de recouvrer l’argent transféré illicitement à l’étranger, en parallèle de la mise en place d’n plan de collecte au niveau local des fonds de l’évasion fiscale.

Tigharsi a fait savoir à la même source, que le contexte social actuel du pays ainsi que la double crise sanitaire et économique que travers l’Algérie; représente le prétexte idéal pour une mobilisation totale de toutes les ressources financières; dans le but de faire à la contagion rigoureuse du Coronavirus.

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