Sans-papiers : « L’Algérie n’est pas la police de l’Europe », affirme Boukadoum

Algérie – Alors que l’immigration clandestine, plus précisément celle des sans-papiers africains, ne cesse d’alimenter les débats nationaux et européens, le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, s’est exprimé sur le sujet, affirmant au passage que « l’Algérie ne peut pas être la police de l’Europe ». 

Notre pays est l’une des routes migratoires les plus fréquentées par les sans-papiers africains qui atteignent, en risquant leurs vies, l’autre rive de la Méditerranée, et c’est à la lumière de ces faits que Sabri Boukadoum clame que l’Algérie souffre la première de ces flux de migrants clandestins provenant du Sahel et ne pourrait en aucun cas jouer le rôle d’une « police au profit de l’Europe ». 

C’est en effet ce qu’a indiqué le ministre des Affaires étrangères dans un entretien accordé au quotidien espagnol El País. Le site web de la Radio nationale rapporte l’information dans un article paru ce mardi 30 mars 2021. En préambule, Boukadoum a procédé à la mise en exergue de la position de l’Algérie dans ce dilemme qui ne concerne pas seulement l’Europe. 

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Il a ainsi considéré l’Algérie comme un pays de transit pour les sans-papiers africains. Ceux-ci, avant d’atteindre l’Espagne, l’Italie, la France ou la Grèce, passent par l’Algérie, fait-il remarquer. D’après les dires du ministre, la pression qu’exerce l’immigration clandestine sur l’Europe depuis de nombreuses longues années, l’Algérie l’endure également. 

Pour consolider son fusil d’épaule, il a tenu à noter que l’Algérie a reçu plus d’un millier de clandestins par jour à un moment donné l’année passée. « Les Européens se plaignent, mais est-ce que c’est à nous d’agir comme policiers pour l’Europe ? », se demande alors le chef de la diplomatie algérienne. 

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Il ne fait aucun doute que cette interrogation ne s’attend pas des réponses à proprement parler. Le ministre souhaite plutôt affirmer que l’Algérie joue déjà son rôle dans la résolution de ce problème. Dans le même sillage, il a assuré que le pays fait tout afin de ne pas laisser « sortir » ces migrants. Actuellement, le gouvernement algérien travaille avec de nombreux États pour trouver des solutions, indique-t-il. 

Pour mettre fin à la migration illégale, ou du moins atténuer les flux migratoires, Boukadoum a fait savoir qu’il faut extirper le problème à la racine. À ses yeux, la création de postes d’emploi dans le pays d’origine des migrants pourrait changer les choses. Il trouve utile aussi la construction des écoles et des centres de santé. Une option qui « coûte moins cher » et qui contribuerait à convaincre « les gens de rester chez eux », conclut-il.

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