Algérie : des mémoires de master en vente dans des cybercafés !

Algérie – En recherche de la réussite « facile », certains étudiants sont tombés dans les filets d’un nouveau phénomène. Il s’agit de la vente en Algérie de mémoires de master dans des cybercafés. On vous explique cela, ce 23 novembre 2021. 

Transgressant l’éthique académique, de nombreux étudiants en master en Algérie recourent aux mémoires tout prêts mis en vente par des intermédiaires. En effet, on parle ici de cybercafés qui rédigent et révisent des mémoires de master à la place des étudiants. Certains iraient même à dire que c’est avec la complicité de quelques encadrants, selon ce qu’écrit Echorouk.

En réalité, il n’est pas seulement question de mémoires de master, mais d’exposés en général. Ainsi, ce manque d’implication, d’autonomie et d’efforts personnels de certains étudiants en dit long sur le système universitaire d’aujourd’hui. Ce qui se reflète en « dégradation » du niveau de certains cadres de demain. Ceux cherchant à accumuler les diplômes avec paresse, absorbés par une réussite « imaginaire ».

Bien que les professeurs et les syndicats de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ont toujours mis en garde contre cette pratique, il est regrettable qu’une certaine catégorie d’étudiants, qui sont toutefois minoritaires, soient satisfaite de l’appréciation obtenue d’un travail qui n’est pas le leur. 

Comment rétablir l’ordre au sein de l’université algérienne ?

Notons que ce phénomène est particulièrement retrouvé dans les filières universitaires littéraires. Un enseignant universitaire en sciences humaines s’est exprimé à ce propos au même média national. Il a affirmé qu’il n’assigne plus d’exposés à ses étudiants. C’est après avoir découvert que plusieurs travaux sont entièrement identiques. C’est donc une évidence, pour lui, une seule personne a accompli les recherches. 

Dans ce sillage, l’intervenant s’est penché sur l’inefficacité d’utiliser les exposés comme moyen d’enseignement en Algérie. Il déclare alors qu’il est nécessaire d’intégrer de nouveaux mécanismes d’évaluation. Par conséquent, le chercheur en études stratégiques et sécuritaires, Nabil Kahlouche a évoqué des solutions.

Dans ce sens, Kahlouche se réfère à la méthode d’enseignement à l’université qui doit être réétudiée. C’est notamment le cas dans le domaine des sciences humaines et sociales, selon lui. Car il est juste absurde, dit-il, qu’un enseignant distribue des titres de recherches, souvent consommés, puis s’attend à de l’innovation. 

C’est donc une orientation méthodologique et cognitive qui endoctrine les bases de la recherche scientifique et ses outils qui manquent à notre système universitaire. Il faut adapter les méthodes d’enseignement, qui ne sont plus au goût du jour, à la réalité des étudiants. Et aux technologies contemporaines, conclue-t-il. 

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