Économie

Algérie : Mebtoul formule 11 propositions pour éviter la crise économique

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Algérie – Le professeur en économie dresse une liste de 11 options possibles à adopter conjointement afin d’endiguer les effets morbides de la baisse du prix du pétrole.

Les quatre premières solutions que propose l’expert international Abderrahmane Mebtoul, dans sa contribution au site d’information Africa Presse, visent le ralentissement de la chute accélérée des réserves de change nationales passées en mars de l’année en cours sous la barre des 60 milliards de dollars. 

Primo, le recours à l’emprunt extérieur, même ciblé, auprès d’un nombre bien défini d’institutions bancaires privées « à des taux d’intérêts excessifs » et d’importantes garanties exigées. Secondo, séduire les entrepreneurs étrangers en vue de l’établissement d’investissements directs dans notre pays dont les libertés économiques, jugées très primaires par de nombreux rapports internationaux ne risquent pas trop de faciliter les choses. 

Tertio, le rapatriement des fuites de capitaux à l’étranger. Cela nécessitera des années de démarches judiciaires et une collaboration irréprochable des pays concernés qui sont censés s’impliquer corps et âme dans ce long processus.

Quarto, la limitation des importations et la lutte contre les surfacturations, en sachant que les équipements et les matières premières de 85% de nos entreprises publiques et privées proviennent de l’étranger.

Amoindrissement du déficit budgétaire, une solution viable ?

Les 7 propositions restantes sont dédiées à l’atténuation du déficit budgétaire, à travers l’agissement sur notre monnaie nationale non convertible, le dinar. En premier lieu, procéder à « la saisie des biens des responsables incriminés par la justice, supposant un verdict final pour respecter l’Etat de droit pour mettre à la vente aux enchères ». 

En deuxième lieu, l’intégration de la sphère informelle qui s’accapare d’environ 45% « de la masse monétaire en circulation ». Force est de constater que les temps de crise similaires à celui qu’on vit actuellement favorisent plutôt l’extension de pareils champs de l’informel. En troisième lieu, faire appel à la planche à billets.

Soulignons là que l’injection monétaire afin de donner un coup à la demande qui, à son tour, relancera la machine productive conduit dans des économies dépendantes de la rente comme la nôtre à des conséquences néfastes à l’exemple d’une montée inimaginable des taux d’inflation.

En quatrième position, dévaluer le dinar. Une telle mesure engendrera l’augmentation des prix des équipements et des matières premières importés, et dont le coup final sera supporté par le maillon faible se situant au bas de l’échelle, à savoir le consommateur.

En cinquième position, la privatisation totale ou partielle des sociétés publiques, sous réserve d’éviter le remplacement du monopole public, par un monopole privé encore pire. En sixième position, augmenter « la fiscalité ordinaire par recouvrement des arriérés d’impôts », mais en s’abstenant de s’attaquer « aux activités visibles » et déjà fragiles du marché réglementé, car cela conduira le secteur parallèle à s’étendre.   

En septième et dernière position, on trouve l’emprunt de solidarité national, une opération dans laquelle a précédemment échoué un ancien ministre des finances. « A la lumière des échecs passés, cela aura peu d’impact », signale le professeur en économie qui pense que l’heure est grave pour l’Algérie à qui la présente situation de difficultés dicte de rompre radicalement avec « les discours d’autosatisfaction de certains responsables ».

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