Algérie – Maroc : Arkab s’exprime sur le projet du gazoduc transsaharien depuis le Nigeria

Énergie – Le ministre de l’Énergie et des Mines en Algérie s’exprime sur le projet du gazoduc transsaharien (TSGP) depuis le Nigeria. On vous en parle, ce samedi 28 août 2021.

L’Algérie s’intéresse vivement à la concrétisation du projet du gazoduc transsaharien (TSGP) avec le Nigeria. Ce dernier vise à connecter les gisements de gaz naturel nigérians à l’Europe via le réseau de gazoducs algérien. C’est par ailleurs ce qu’a affirmé jeudi à Alger le ministre de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab.

En effet, lors de la rencontre avec la délégation de l’Institut national des études politiques et stratégiques du Nigeria (NIPSS), le ministre algérien s’est prononcé. Dans son discours, Arkab a souligné : « Nous accordons un intérêt particulier à la concrétisation rapide de cet important projet qui donnera un nouvel élan aux relations entre nos deux pays, en termes de coopération technique et de renforcement des capacités ».

Cependant, cela induira des retombées socio-économiques importantes sur les pays de transit, affirme le responsable. Et ce, dans le respect de la protection de l’environnement et du développement durable. À cet égard, le ministre a insisté sur le souhait de voir le Nigeria ratifier l’accord intergouvernemental relatif  à ce projet. 

En outre, Arkab soutient l’importance d’« œuvrer ensemble pour construire l’avenir énergétique de l’Afrique, à travers le renforcement des relations bilatérales ». L’orateur a plaidé pour l’idée en mentionnant « les importantes ressources énergétiques » dont disposent les deux pays.

De plus, ledit ministre a rappelé que « l’Algérie déploie d’importants efforts pour le développement des échanges énergétiques à l’échelle continentale ». Puis, il ajoute que la stratégie du développement du pays « accorde, en effet, une place privilégiée à l’énergie en tant que levier de l’intégration régionale ».

Le projet gazoduc transsaharien (TSGP)

Il sied de rappeler que l’idée de ce gazoduc nommé le « transsaharien » a vu le jour dans les années 1980. Nonobstant, l’accord concrétisant sa mise en œuvre n’a été signé qu’en 2009. En effet, cet accord avait permis le lancement fes études de faisabilité du projet en vue de le réaliser. Cependant, la démarche de réalisation sur le terrain n’a pas encore débuté.

Pour ce qui est de sa longueur, elle sera de 4.128 kilomètres. Avec une capacité annuelle de trente (30) milliards de mètres cubes. De plus, le gazoduc devrait être détenu à 90 % par le groupe Sonatrach et la NNPC (Nigerian National Petroleum Corporation). Les 10 % qui restent vont partir à la Compagnie nationale du pétrole du Niger. Quant à sa tracée, il prendra comme départ la ville de Warri au Nigeria et aboutira à Hassi R’mel en Algérie. Il passera par le Niger. Toutefois, un problème apparaît concernant ce plan. En effet, le gazoduc traverse plusieurs zones instables. Ce qui met en péril sa sécurité et donc sa fiabilité.

gazoduc Algérie Nigeria

Par ailleurs, la délégation nigériane est composée de 17 cadres supérieurs spécialisés dans divers domaines. De plus, elle effectuera plusieurs activités à caractère scientifique et culturel en Algérie. Elle visitera divers organismes en vue de connaître et tirer profit de l’expérience algérienne dans différents secteurs. C’est d’autre part ce qu’a rapporté l’agence officielle APS.

Le Maroc concurrence l’Algérie

L’Algérie n’est vraisemblablement pas la seule à investir dans un projet tel que celui du gazoduc Algérie-Nigeria (TSGP). Son voisin, le Maroc, est notamment sur un projet semblable. En effet, le 7 décembre 2020, le Cedeao avait annoncé l’étude du projet du gazoduc Nigeria-Maroc lors de sa réunion. Il s’agit de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Dans un communiqué, le Cedeao affirme que « l’objectif de la rencontre est d’échanger avec les États membres ». Notamment, sur « les développements actuels liés au projet d’extension du gazoduc de l’Afrique de l’Ouest ». En sus, on ajoute qu’il s’agira également « de faire le point sur les interactions entre [ce projet] et le Gazoduc Nigeria-Maroc ».

À cet égard, l’Algérie et le Maroc se retrouvent avec deux projets qui ont à peu près le même tracé. De plus, ils sont au même stade d’avancement. Bien que les deux pays concourent à des objectifs communs, les derniers évènements font que la concurrence va être rude.

Pour rappel, l’Algérie a annoncé, mardi 24 août, la rupture de ses relations diplomatiques avec le Maroc. Une décision qui a suscité de vives réactions de nombreux pays.

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