Algérie : Le marché noir existe pour l’évasion fiscale, affirme Benouari

Algérie – Pour l’ex-ministre du Trésor, il est difficile de ramener l’argent du marché noir dans le canal officiel, car les propriétaires de ces fonds circulant dans l’informel ne paient pas d’impôt, ce qui leur permet de bénéficier de l’évasion fiscale.

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Alors que la question de récupération des milliards de dinars circulant en dehors des canaux bancaires revient de plus en plus ces dernières semaines; de son coté, Ali Benouari, ex-ministre du Trésor a partagé lors d’une entrevue accordée au média algérien; Algérie Eco, citée dans son édition de ce 03 août, son point de vue concernant l’argent du marché noir et son impact, notamment l’évasion fiscale.

Répondant à une question à propos des solutions que l’État devrait entreprendre en attendant de mettre en place les alternatives au financement conventionnel; Benouari a fait savoir que « le gisement d’argent le plus important est celui qui se trouve en dehors du circuit bancaire. Cet argent-là n’est pas sensible au niveau du taux d’intérêt ou à l’absence de taux d’intérêt »; a-t-il reconnu. 

« Il s’agit d’un argent qui se développe dans l’informel évitant le paiement d’impôt; dont la source et la raison d’être, sont l’évasion fiscale »; a argué l’ex-membre du gouvernement. Celui poursuit en affirmant « qu’aucune incitation ne peut le ramener dans le circuit officiel. Pas même une promesse d’amnistie ». Dans ce contexte, il a rappelé l’échec des obligations à 7% qui ont été émises dans ce sens il y a une dizaine d’années.

Récupération de l’Argent du marché noir : La solution repose sur le changement des billets de banques

En effet, pour l’ex-représentant du Budget en Algérie; la multiplication du nombre de banques, publiques ou privées ne contribuera pas à récupérer l’argent thésaurisé en dehors du circuit officiel. « Il faut le prendre par la force de la loi et par le seul moyen infaillible; qui est celui du changement complet des billets de banques »; a-t-il soutenu.

Selon lui, il s’agit de recycler environ 5.000 milliards de dinars se trouvant au niveau de la sphère informelle. Ainsi, « la taxation à 30% de cette manne permettrait de récupérer, en une fois; presque l’équivalent du déficit budgétaire annuel mais aussi d’élargir l’assiette fiscale pour les années à venir »; a avancé l’intervenant.

D’autre part, ce dernier soutient la politique d’ajustement de la valeur du dinar; qui étalée dans le temps, elle permettrait d’atténuer ses chocs sociaux et économiques. De plus, il a évoqué d’autres mesures à défaut de récupérer l’argent du marché noir, notamment le recours à l’endettement extérieur; à la taxation des grandes fortunes et les actifs détenus à l’étranger par les Algériens résidant sur le territoire national.

Concernant la dévaluation du dinar, il a estimé qu’il s’agit d’un ajustement progressif du pouvoir d’achat global de la nation; par rapport à ses possibilités immédiates. Ceci vise à « encourager la production nationale, les exportations, le tourisme et les investissements étrangers »; a relevé Benouari précisant que l’ajustement monétaire progressif; au lieu de brutal; pourrait être le gage d’une stabilité future.

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