Algérie : L’injection monétaire par la Banque d’Algérie est inévitable ?

Algérie – Le professeur des universités, Nour Meddahi, répond par l’affirmative. Il estime qu’il est indispensable que la Banque d’Algérie (BA) procède à l’injection monétaire pour faire face à la carence en matière de liquidités et offrir ainsi à l’économie nationale, sur le point de succomber à l’asphyxie, une bouffée d’oxygène.

Effectivement, Pr Nour Meddahi a fourni une analyse bien costaud sur la question. C’est le quotidien national El Watan qui a exposé les grandes lignes de la longue contribution qu’il a reçu de la part de l’universitaire. Celui-ci semble convaincu que l’injection monétaire par la BA (Banque d’Algérie) est tout à fait incontournable vu la mauvaise posture dans laquelle se retrouve l’économie nationale.

Le professeur explique alors qu’il est vital « d’injecter des liquidités par la Banque d’Algérie ». Selon lui, prétendre qu’il ne s’agit pas ici d’un impératif revient à se voiler la face. L’injection en question se fera « à travers la distribution d’un dividende exceptionnel de la BA au Trésor provenant de ses provisions ; ou par la planche à billets (directe ou indirecte), ou les deux ».

Le manque de liquidités qui frappe de plein fouet la finance nationale découlerait de quatre éléments principaux. L’intervenant mentionne, d’après le journal francophone, le déficit de la balance des paiements. Il cite également la structure des prêts bancaires. Mais aussi le montant élevé de l’argent hors circuit bancaire. Et enfin, l’investissement massif dans l’infrastructure dont la rentabilité est dérisoire à court terme.

Voici ce que propose Meddahi à la Banque d’Algérie

Meddahi recommande un ensemble de mesures à l’État et à sa Banque centrale. Premièrement, baisser le taux de réserve obligatoire (TRO) des banques. Chaque pourcentage libérera un montant proche de 110 milliards de dinars de liquidités, explique-t-il. Deuxièmement, reprendre « la baisse du dinar par rapport au dollar ». Cependant, cette dévaluation doit s’opérer de façon progressive pour que son incidence sur l’inflation soit lissée dans le temps ».

En troisième lieu, la BA doit engager l’opération d’open market ; ou les banques commerciales prêtant de l’argent à court terme. Cela doit être suivi en parallèle par des opérations supplémentaires ; à l’image du financement du Trésor par la BA. Toujours à travers des prêts directs ou indirects.

C’est indispensable, insiste le spécialiste, de « définir la trajectoire des déficits du Trésor au cours du mandat du Président ». Il importe notamment « de fixer les montants maximums de création monétaire par la BA pour chaque mois à venir sur cette période. Tout le reste est secondaire. Il est essentiel que ça soit le Président qui prenne les engagements et non pas le Premier ministre ; car ce dernier peut avoir sa fin de mission à tout moment », fait remarquer l’économiste.

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