Algérie : « La langue française est en déclin », selon Rachid Benaissa

Algérie – Un linguiste algérien préconise le remplacement de la langue française par la « langue scientifique par excellence », à savoir la langue anglaise.

Lors de son passage sur le plateau d’El Bilad dans la soirée du 1er mars, le linguiste, sociologue et conférencier algérien Rachid Benaïssa, a expliqué que le monde n’est pas loin de l’unification de la langue scientifique, à savoir la langue anglaise qui s’impose et se propage rapidement à l’international.

En effet, Rachid Benaïssa, qui tenait entre ses mains le livre de l’UNESCO mentionnant les langues menacées par la raréfaction, a expliqué qu’il existait « deux types de langues, l’une dite orale et l’autre écrite ». Il prend exemple avec la langue française, où il rappelle qu’au 17ème siècle, le français était considéré comme « la langue mondiale » la plus convoitée par les plus grandes puissances de l’époque à savoir la Russie et l’Allemagne. 

« Alors que j’étais en Autriche durant 10 ans, une enseignante en langue française m’avait confié qu’aucun étudiant ne s’était inscrit à son cours. Une preuve du déclin de cette langue autrefois très prisée. », a expliqué le linguiste.

« Nous sommes les esclaves de la francitude », selon Benaïssa

« Depuis 15 ans, les universités Autrichiennes et Allemandes proposent un emploi du temps à leurs étudiants incluant plusieurs heures de cours en langue anglaise », a fait savoir Benaïssa, estimant qu’aujourd’hui, tous les penseurs Allemands ont réalisé que la langue anglaise est considérée comme la langue des sciences par excellence, ce qui les a poussé à apprendre la langue de Shakespeare, « pour rester à jour dans le monde de la recherche scientifique », a-t-il ajouté.

Le linguiste poursuit, en révélant que les occidentaux n’étudient plus la langue française car 85% des termes scientifiques sont en anglais contre 2.5% en français. D’ailleurs, à part le Maghreb Arabe qu’il qualifia de « Maghreb Français », toute personne s’exprimant en anglais est plus indépendante qu’un francisé. « Nous sommes les esclaves de la francitude », a regretté Rachid Benaïssa.

Rappelons que depuis quelques mois, l’enseignement du français dans les établissements scolaires et universitaires a suscité une vague de controverse en Algérie. Dans le même contexte, le ministre de l’Enseignement supérieur, Chems Eddine Chitour a indiqué que l’introduction de l’anglais dans le cursus universitaire algérien sera appliquée par « dose progressive » en prenant en considération « l’adaptation de l’environnement culturel des universités face à ce défi linguistique », avait-il expliqué. 

https://www.facebook.com/elbilad/videos/1105817659762655/

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