Algérie : L’importation de voitures d’occasion résoudra-t-elle la crise automobile ?

Algérie – Les acteurs du secteur automobile calment les ardeurs des algériens, estimant que le retour de l’importation des véhicules d’occasion ne résoudra pas la crise automobile.

L’importation de véhicules de moins de 3 ans sera marquée par beaucoup de contraintes et de conditions, notamment douanières et financières. À cet égard les acteurs du secteur automobile appellent le gouvernement à ré-autoriser l’importation des voitures neuves et de remettre les concessionnaires agréés sur les rails, soulignant que le marché automobile national nécessite la mise à disposition de 300.000 voitures par an, a rapporté le quotidien arabophone El Bilad.

Dans le même contexte, le président de l’association des concessionnaires l’Association des concessionnaires automobiles multi-marques (ACAM), Youcef Nebbache a tiré la sonnette d’alarme quant à l’accentuation de la crise automobile en Algérie dans les mois à venir, du fait de la combinaison entre deux facteurs marquants à savoir, le retour de l’importation des voitures de moins de 3 ans, et l’arrêt des activités des usines de montage automobile.

Le représentant des concessionnaires automobiles a expliqué en outre qu’il est anormal que le prix d’une nouvelle voiture coûte entre 90 et 200 millions de centimes en (DZD), alors que le prix d’une voiture d’occasion importée (moins de 3 ans) est oscille autour des 250 millions de centimes, dans compter les frais de transport et les droits de douane qui participeront à augmenter davantage son coût final. Une remarque similaire a été d’ailleurs mise en exergue récemment par le ministre de l’Industrie, Ferhat Ait Ali Braham.

La LF 2020 : Conditions et contradictions

Le président de l’Organisation algérienne de protection et d’orientation du consommateur et son environnement (APOCE), Mustapha Zebdi; a critiqué les restrictions imposées à l’importation des voitures moins de 3 ans, indique El Bilad.

Jusqu’à présent les conditions relatives à l’importation des voitures d’occasion ne correspondent pas au pouvoir d’achat du citoyen Algérien, a dénoté Zebdi, soulignant par la même occasion que l’autorisation de la LF 2020 qui permet le transport d’un certain montant en Euro à l’entrée ou à la sortie du territoire national (5.000 € sans déclaration douanière), n’est pas loin du prix d’une voiture d’occasion à l’étranger, a fait remarquer le président de l’APOCE.

Recourir à l’importation des voitures neuves est « une solution temporaire pour combler le déficit du marché automobile », en attendant que le gouvernement établisse « des dispositifs concrets relatifs à l’avenir des usines de montage automobile et à l’amélioration du pouvoir d’achat » du citoyen Algérien, qui pour sa part, reflète « la détérioration progressive et continue de l’économie du pays », a conclu Mustapha Zebdi.

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