Algérie : L’importation de véhicules de moins 3 ans va flamber la devise

Algérie – Alors que le gouvernement tente de solutionner la crise du marché automobile, une nouvelle crise se profile à l’horizon, à savoir la flambée du taux de change des devises sur le marché noir algérien.

En effet, avec l’entrée en vigueur imminente de la ré-autorisation de l’importation des véhicules d’occasion (moins de 3 ans) avant la fin mars 2020, le taux de change des devises face à la monnaie nationale est appelé à augmenter davantage en raison de la forte demande prévisible.

A ce propos, le directeur général de la Bourse d’Alger, Yazid Benmouhoub, s’était exprimé en mai dernier sur la décision de ré-autorisation d’importation des véhicules de moins de 3 ans sur les ondes de la radio chaîne 3, estimant que le consommateur algérien va s’orienter vers le marché noir des devises, afin d’acquérir de la monnaie étrangère pour pouvoir se payer le véhicule souhaité, ce qui fera pression sur les prix de la devise notamment l’euro au détriment du dinar algérien, avait-il indiqué.

Dans ce sens, Yazid Benmouhoub avait expliqué que l’entrée en vigueur de ce dispositif risquait de faire flamber les devises étrangères sur le marché noir, alors que la monnaie nationale est déjà en mauvaise posture et a du mal à remonter la pente. 

« Selon des estimations financières, le prix des véhicules importés de moins de 3 ans reviendrait presque au prix d’un neuf acheté localement », prédisant ainsi les affirmations de l’actuel ministre de l’Industrie, Ferhat Ait Ali Braham qui a confirmé récemment les prix inaccessibles des voitures d’occasion pour l’acquéreur algérienne.

L’importation des voitures d’occasion se fera dans une « transparence totale »

Le ministre de l’Industrie et des Mines, Ferhat Ait Ali, a récemment mis en garde les tricheurs et les fraudeurs qui seraient tentés d’importer des véhicules d’occasion dont l’âge est supérieur à celui fixé par la loi (moins de 3 ans). 

« Je vois venir des groupes [de tricheurs, ndlr] qui planifient déjà de nous refaire le scénario des années 1990. Je peux leur dire, dès maintenant, qu’ils peuvent oublier leurs plans et qu’ils n’ont pas intérêt à nous créer des problèmes au niveau des ports. », avait signifié le ministre lors de son allocution à la presse.

Le président de la république, Abdelmadjid Tebboune s’est également prononcé sur ce dossier. « Il y a des lobbys et de la mafia partout. Je n’accuse pas un parti en particulier, mais je crains que le citoyen ne soit victime de ces affaires », avait-il affirmé, précisant avoir chargé différents ministères à mettre en oeuvre un cadre légal bien défini, dans le but de protéger le consommateur algérien des abus et des arnaques.

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