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Comment l’Algérie va récupérer l’argent du marché noir ? Un économiste répond

Algérie – Alors que l’exécutif a annoncé une lutte sans merci contre l’évasion fiscale, un économiste donne les outils sur lesquels l’Etat peut s’appuyer pour récupérer l’argent qui circule dans le marché noir en Algérie.

Bien que la présidence soit sur le point d’élaborer une loi criminalisant l’évasion fiscale, certains observateurs comme Brahim Guendouzi, professeur d’économie à l’université de Tizi-Ouzou, estime que la volonté affichée par les pouvoir publics à vouloir criminaliser l’évasion fiscale peut paraître comme un signe d’impuissance face à un phénomène qui prend de l’ampleur, selon un article du quotidien national El Watan dans son édition du 24 février.

Selon les chiffres présentés par le président de l’association nationale des conseillers fiscaux algériens (ANCFA), les dettes fiscales de l’État ont atteint les 12.000 milliards de dinars, un montant qui représente 150% du budget de l’État pour l’année.

Quant au directeur général des Impôts, Kamel Aïssani, ce dernier a affirmé que depuis deux décennies le Trésor Public a perdu un gain estimé à environ 40 milliards de dollars, selon la même source. Un manque à gagner exorbitant qui montre l’ampleur des dégâts occasionnés par la gestion catastrophique de l’économie nationale par les gouvernements successifs durant les 20 dernières années. 

Est-il possible de récupérer l’argent accumulé au marché noir ?

À cet égard, le professeur Guendouzi, considère que la situation prend de l’ampleur et que toute entité économique est concernée. Récupérer l’argent du marché noir n’est pas une affaire simple. Il serait essentiel d’aller vers une réforme structurelle du système fiscal en raison du faible taux de recouvrement des impôts. Parallèlement, la réorganisation des taxes et des impositions serait une opportunité de renforcer leur efficacité, a-t-il suggéré.

Poursuivant sur le même sujet, Guendouzi a expliqué qu’il serait intéressant d’adapter dans le meilleur des cas les amendements apportés chaque année aux lois de finances qui laissent place à des confusions législatives et fiscales. « Idéalement certains montants peuvent être récupérés par les autorités judiciaires, malheureusement pour le reste, l’absence de traçabilité authentique donne lieu à leur perte définitive », a-t-il regretté.

L’État est-il réellement capable de lutter contre l’évasion fiscale ?

Les chiffres avancés plus haut peuvent relancer l’économie nationale. Pour cela, il serait primordial de mettre un terme au détournement des impôts qui bloque le développement de l’économie algérienne, en créant des mécanismes adaptés au système fiscal algérien, tout en luttant contre toute forme de fraude tel que le commerce informel et la surfacturation, a avancé le professeur.

Un grand travail attend le gouvernement, qui devra commencer par une refonte économique globale concernant tout secteurs d’activités confondus, en raison de l’omniprésence de l’informel dans la société algérienne, a notifié l’économiste.

Faire disparaître les activités informelles du jour au lendemain n’est pas évident compte tenu des conditions actuelles liées au fonctionnement de l’économie nationale, mais également des habitudes des algériens. « Il serait rationnel d’ambitionner vers le long terme, en fixant des objectifs et des priorités, par des moyens adéquats et des accords politiques permettant une véritable sortie de crise de notre économie », a conclu l’économiste.

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