Algérie : Vers la remise en cause de l’accord commercial avec l’UE ?

Algérie – Kamel Rezig a dénoncé la dépendance de l’économie nationale face aux accords commerciaux signés avec l’UE, une situation prolongée depuis des années.

En effet, le ministre du Commerce, Kamel Rezig, a pris part, le 24 février dernier  au colloque national sur l’évaluation des accords commerciaux conclus entre l’Algérie et ses partenaires économiques, et a critiqué la dépendance de l’Algérie vis-à-vis de l’importation, a rapporté l’Agence de presse officielle APS.

« Les accords commerciaux signés avec les principaux partenaires économiques « ont maintenu, durant des années, l’économie nationale dans un état de dépendance et de consommation continue de tout ce qui est importé », a fait savoir Rezig.

Dans le même contexte, il a cité certains accords qui sont dans le collimateur de la réévaluation, à savoir les accords d’association avec l’union européenne (UE), la zone arabe de libre-échange (ZALE) et l’accord préférentiel avec la Tunisie, qui ont affecté négativement l’économie Algérienne. Ajoutant que même l’accord de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), qui n’est pas encore effectif sera réexaminé.

Ce colloque a compté 150 opérateurs économiques partageant la même volonté d’aller vers le renouveau économique et encourager l’engagement des autorités publiques à améliorer le mode de gestion des affaires économiques du pays, a dénoté le ministre du Commerce, précisant que le but de ces séances est « de soumettre au gouvernement les recommandations nécessaires afin de faire progresser le climat des affaires en Algérie », a conclu Rezig.

Pour rappel, l’économiste Abdelmalek Serraï a appelé, au début du mois de février, à revoir les accords d’association entre l’Algérie et l’UE notamment après les pertes enregistrées par le pays. Une perte sèche estimée à 10 milliards de dollars, avait-il avancé.

Vers la révision des accords avec l’UE ?

Lors d’un passage à la radio chaîne 1, Ali Bey Nasri, président de l’association nationale des exportateurs algériens a indiqué que 15 ans se sont écoulés depuis l’entrée en vigueur des accords de partenariat Algérie-UE et par manque d’études approfondies, ces derniers ont  été bénéfiques seulement à l’UE au détriment l’économie nationale, rapporte le média russe Sputnik.

Parmi les 110 clauses figurant dans ces accords, l’UE n’a respecté que le volet commercial, et a négligé la partie liée à la coopération et au transfert de la technologie et à la circulation des personnes, a signalé Bey Nasri. L’intervenant estime que l’accord de libre-échange conclu avec l’UE il y a 3 ans et qui sera effectif d’ici Septembre 2020 serait « une calamité inévitable pour l’économie nationale ». 

Par ailleurs, il est utile de souligner qu’au cours du sommet de l’UA tenu le 9 Février dernier à Addis-Abeba (Éthiopie), Abdelmadjid Tebboune a annoncé sa décision de créer une Agence Algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement à vocation africaine. Ce qui laisserait penser que l’Afrique serait une éventuelle issue stratégique pour l’économie Algérienne après l’entrée en vigueur de l’accord continental ZLECAF.

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