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Algérie : Une enseignante harcelée pour avoir enlevé le voile ?

Algérie – À Bejaïa en Algérie, la commune de Sidi-Aïch, étendue sur les deux rives de la Soummam en Kabylie, connaît une troublante affaire impliquant une enseignante qui se dit harcelée, sur le plan socioprofessionnel ainsi que judiciaire, en raison de l’enlèvement de son voile islamique.

Toute la région de Sidi-Aïch, dans la vallée de la Soummam en Kabylie, suffoque sous l’effet des informations relayées, à grande échelle, sur les réseaux sociaux. Les publications relatent les mésaventures d’une enseignante du primaire, Sonia Mahoui en l’occurrence, qui affirme être harcelée dans son environnement socioprofessionnel, et subir des pressions judiciaires, pour cause de renoncement à son voile islamique, qui demeure quand-même un geste assez mal vu dans la sphère sociale conservatrice en Algérie.

Mademoiselle Mahoui, 27 ans, enseigne la langue française dans une école primaire. L’institutrice assure, elle-même, être victime d’intimidations, pour avoir osé enlever son voile. Une personne malveillante, selon elle, l’harcèlerait sans cesse depuis qu’elle a laissé tomber la tenue islamique. Outrée et incapable de supporter encore le comportement irrespectueux à son égard, elle décide de faire recours à la justice. Contre toute attente, elle découvre qu’une plainte est déjà déposée à son encontre.

La plaignante est une directrice d’école. Elle reproche à l’enseignante, qui a repassé son bac en septembre dernier, de s’être présentée au centre d’examen avec une tenue vestimentaire incompatible avec l’espace éducatif. La directrice affirme, selon diverses sources médiatiques, que la candidate libre aurait refusé de retirer sa casquette. Une version des faits que l’enseignante, qui insiste sur le caractère discriminatoire des actions menées contre elle, dément formellement.

Un député refuse de croire aux dires de l’enseignante

La jeune femme, qui se décrit comme militante féministe issue d’un milieu conservateur, persiste à raconter que c’est son choix d’abandonner le voile qui lui attire tous ces ennuis. Toutefois, l’objet de la plainte de la directrice d’école n’est pas lié au port du voile. Car tel motif n’est pas recevable au sein de la justice algérienne. Alors, l’altercation, au niveau du centre d’examen, aurait servi de prétexte. Cela afin de punir l’enseignante, de manière détournée, pour avoir ôté son voile. C’est en tout cas ce que prétend la demoiselle.

Brahim Benadji, un député de Bejaïa, ancien maire d’une commune de la daïra de Sidi-Aïch, est sceptique. Le parlementaire met en doute les propos de l’institutrice. De son point de vue, il est impossible que l’abandon du port du voile soit le moteur de cette affaire. Le socle de son argumentation consiste à présenter la directrice comme une femme sans la moindre affinité islamiste. L’élu à l’APN ne laisse aucune place à l’incertitude.

Il parle d’elle comme quelqu’un qui n’a rien à voir, ni de près ni de loin, avec l’extrémisme islamiste. Les internautes divergent également. Ainsi, lors ce que les uns se solidarisent avec l’enseignante, les autres affichent leur méfiance vis-à-vis de son récit. Beaucoup, parmi ceux-ci, redoutent que cette histoire porte préjudice à la réputation de leur région. Ils clament alors que le fanatisme religieux est quasi inexistant chez eux.

 

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