Algérie : Des empires industriels menacés de faillite, vers un chômage massif

Algérie – Des milliers d’employés sont menacés de finir au chômage suite à la faillite des entreprises privées, dont les propriétaires sont incarcérés suite à des affaires liées à la corruption.

Compte tenu de la conjoncture économique actuelle, les licenciements se succèdent depuis plusieurs mois dans de nombreuses entreprises privées dont les patrons sont incarcérés et poursuivis pour des scandales politico-financiers. Cette situation inédite en Algérie a poussé les chiffres du chômage vers un taux exagérément élevé en très peu de temps, a rapporté le quotidien arabophone El Bilad dans son édition de ce 14 février.

On retrouve en premier lieu, les usines privées de montage automobile qui ont déjà lancé le processus de licenciement à la suite des mesures prises par le gouvernement, notamment l’arrêt de l’importation des collections SKD et CKD. Elles sont suivies par d’autres grands groupes privés spécialisés dans l’électronique mais également dans le secteur de l’agroalimentaire, des services ou encore dans le BTP.

Même les entreprises publiques ne sont pas à l’abri. En effet, l’ENIEM a déclaré la cessation de ses activités il y a de cela deux semaines, mettant un grand nombre d’employés en congé technique, indique la même source qui précise cependant que l’État a vite réagi en lui débloquant un premier crédit de 1.1 milliards de dinars pour la remettre sur les rails.

L’État ira-t-il vers la nationalisation des entreprises en difficulté ?

Face à ce constat inquiétant, le cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (CARE) tout comme le centre des jeunes dirigeants (CJD) ont tiré la sonnette d’alarme à la lumière des risques qui peuvent être engendrés par l’amplification de la crise qui touche les entreprises Algériennes.

En plus de la faiblesse de l’État à protéger et à ajuster le tissu économique nationale, la conjoncture du pays de l’année dernière a enfoncé les institutions économiques, laissant place à un nombre inédit de dissolution et de licenciements, ayant touché plus de 150.000 entreprises et de 730.000 salariés, a confié l’expert économique Mahfoud Kaoubi à El Bilad.

L’économiste a proposé au gouvernement de mettre en oeuvre des mesures urgentes concernant le financement des entreprises œuvrant dans le secteur du BTP, du transport et du montage des voitures, dont les propriétaires sont confrontés à des problèmes judiciaires. Concernant ces mêmes entreprises, l’économiste Abderrahmane Aya estime pour sa part, que le problème n’est pas financier mais plutôt structurel et cela nécessite la nomination d’un conseil d’administration constitué d’experts en gestion d’entreprises, de juristes et de représentants des employés, a-t-il fait savoir au journal arabophone.

Par ailleurs, plusieurs syndicalistes soutiennent l’idée de nationalisation des entreprises dont les propriétaires sont impliqués dans des affaires judiciaires. Ils estiment que l’État doit les reprendre afin de préserver les milliers d’emplois menacés. Quant au syndicaliste Mounir Batraoui, a déclaré au même média que les managers administratifs nommé durant le gouvernement de Bedoui était une mesure temporaire, car le gouvernement actuel est stable et est en état de trouver des solutions.

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